> Fil de lectures de Carole Carcillo Mesrobian : Autour de Fabrice Murtin, Katia Roessel, Laurent Grison et Julien Delmaire.

Fil de lectures de Carole Carcillo Mesrobian : Autour de Fabrice Murtin, Katia Roessel, Laurent Grison et Julien Delmaire.

Par |2018-02-05T13:28:47+00:00 14 octobre 2015|Catégories : Critiques, Laurent Grison|

 

 

Dans la col­lec­tion « Poètes des cinq conti­nents » un recueil dont le titre, Décantation, décline une pré­sence dis­crète sur l’espace blanc imma­cu­lé de la cou­ver­ture. L’économie de toute ico­no­gra­phie annonce déjà des dis­po­si­tifs séman­tiques par­ci­mo­nieux. Le para­texte est donc concis, et la qua­trième de cou­ver­ture qui pro­pose un extrait des lignes du poète ain­si que sa très suc­cincte bio­gra­phie suit ce qui appa­raît déjà comme méta­phore de l’écriture de Fabrice Murtin. Et en effet, la cin­quan­taine de textes pro­po­sés s’énumèrent au fil de pages dont le for­mat géné­reux per­met de conser­ver un espace imma­cu­lé qui s’inscrit après le dérou­lé tex­tuel comme une invi­ta­tion à entendre le silence riche de sens sus­ci­té par les mots de l’auteur. Des titres de cha­pitres jalonnent le par­cours de lec­ture : « Le Vieux poème », « Décantation », Corps pro­fond », « Le lait de l’océan ». Sobrement dis­po­sés en tête des textes ils convoquent un ensemble séman­tique plu­riel. L’univers urbain côtoie une évo­ca­tion de la nature qui est l’occasion de lais­ser trans­pa­raître les pen­sées du poète avec une pudeur qui jamais ne cède à la faci­li­té d’une énon­cia­tion lyrique pesante. La rare­té du pro­nom per­son­nel de la pre­mière per­sonne du sin­gu­lier est à ce titre signi­fiant. Une mise à dis­tance opé­rée grâce à l’emploi de pro­nom « tu » est garante de toute effu­sion per­son­nelle qui mas­que­rait la teneur du pro­pos. Le fil des pen­sées s’égrène avec dis­cré­tion mais elles n’en convient pas moins le lec­teur à entrer dans une inti­mi­té dont le par­cours est dévoi­lé avec une déli­ca­tesse inouïe.

 

Tu t’avances corps pro­fond, vers l’incomplétude
et la déli­ques­cence. Tu oublie­ras jusqu’à tes grandes heures,

tes mots devien­dront lettres mortes. Nulle grâce sus­pecte
n’aura flé­tri les lau­riers invi­sibles de ton der­nier souffle.
A chaque marche, ton égale fer­veur, à chaque sta­tion,
la fêlure de tes silences.

Que res­te­ra-t-il de ta vie, de tes heures inau­dibles ?
Peut-être la loin­taine réson­nance de tes dons purs.
Une fois ta parole. Ton imma­nence.
L’écumoire de minutes avi­nées par les pré­sences et l’ami.
Sublimes diva­ga­tions igno­rantes des lois, retran­chées des lieux
et des gens.

Qu’elles ful­gurent depuis l’ivraie.

 

L’image sacrée du poète n’est ici plus de mise, et va de conserve avec la démarche de l’auteur qui est celle d’ancrer son dis­cours à la moder­ni­té poé­tique. Les deux pre­miers cha­pitres, « Le Vieux poème » et « Décantation » placent dés le début du recueil les pro­pos de Fabrice Murtin dans une pers­pec­tive théo­rique et his­to­rique. Ainsi la clau­sule de pre­mière par­tie :

 

 Depuis l’instant où les divi­ni­tés se turent
chaque homme répète leur parole au fil de sa vie

arquant sa voix comme une flèche entre les lignes
du vieux poème
le barat­tage de l’océan. »

 

Le poète invite le lec­teur à suivre le fil de pen­sées qui appa­rentent ses pro­pos à l’énonciation d’un mono­logue inté­rieur. Ce che­mi­ne­ment à des consi­dé­ra­tions tant intimes qu’universelles sou­tient une réflexion sur la teneur de la parole poé­tique. Face à la concep­tion clas­sique du poète ins­pi­ré des dieux, et aux dic­tats qui vou­draient que la poé­sie ne soit l’objet que de thé­ma­tiques éle­vées, l’auteur reven­dique la liber­té et la démo­cra­ti­sa­tion des para­mètres de créa­tion. Chacun peut s’emparer des per­cep­tions qui l’assaillent et deviennent la sub­stance d’une écri­ture dont les para­mètres ne se laissent dic­ter que par des choix intimes. Et le monde appré­hen­dé par cha­cun de manière unique devient le sup­port de ce dévoi­le­ment des per­cep­tions. Fabrice Murtin désa­cra­lise donc la pos­ture et la matière poé­tiques. Et au-delà de cette visée réflexive se dévoilent éga­le­ment le che­mi­ne­ment du poète. De par ses choix séman­ti­co-syn­taxiques celui-ci confère au texte une épais­seur mul­ti­di­men­sion­nelle qui fait de Décantation un recueil grave et riche de sens.

Fabrice Murtin, Décantation, Poètes des cinq conti­nents, L’Harmattan, 57 pages, 2015, 10 euros.

 

***

 

 

Un ouvrage dont la clar­té s’énonce dans le choix de la cou­ver­ture gris clair qui reçoit un appa­reil para­tex­tuel décli­né en rouge, par­ci­mo­nieux et d’une typo­gra­phie dis­crète. Cette impres­sion de rete­nue est cor­ro­bo­rée par l’allure des textes dont les pavés essaiment des para­graphes clair­se­més sur des pages dont l’espace imma­cu­lé entoure le tout de manière géné­reuse. Dès avant la lec­ture voi­ci l’horizon d’attente pla­cé sous le signe d’une parole dont le rythme s’appose dou­ce­ment sur la page tant est déli­cate l’avancée des lignes sur le papier. Mais dés les pre­miers textes le contre­pied est pris : une évo­ca­tion des souf­frances engen­drées par la vio­lence, puis un énon­cia­teur qui s’immisce au dis­cours et laisse appa­raître des bribes de par­cours per­son­nel. L’omniprésence de la mort évo­quée dès le texte limi­naire ponc­tue les pro­pos, sug­gé­rée ou convo­quée de manière expli­cite dans des dis­po­si­tifs qui confèrent à cette poé­sie une allure nar­ra­tive grâce à l’emploi du lan­gage dans sa fonc­tion réfé­ren­tielle. Ainsi l’auteure invite le lec­teur à navi­guer entre des élé­ments auto­bio­gra­phiques et des consi­dé­ra­tions huma­nistes. Qu’elle soit subie dans l’intimité ou qu’elle sai­sisse nos sem­blables péris­sant dans des holo­caustes dont l’indicible cruau­té per­dure, la mort s’impose comme une thé­ma­tique qui struc­ture l’ensemble du recueil. L’un des tout pre­miers textes semble s’imposer comme exé­gèse à la glo­ba­li­té des pro­pos de Katia Roessel :

 

Antilope

les yeux ban­dés, j’ai dû tuer lorsque l’on me char­gea de
ce cou­pe­ret, tout en se moquant de moi, afin de me for­cer et
de me ber­ner dans un orne­ment dis­gra­cieux, aux accal­mies
duquel l’animal ago­ni­sait ; j’observais la femme et l’enfant
jusqu’à ce que je per­disse tota­le­ment conscience, leurs
révé­rences s’arquaient subi­te­ment et me rebu­taient toute
sorte de com­pas­sion.
Dès lors, je m’en sor­tais, en m’enfuyant dans les replis
d’une chambre optique et sen­sible dans
Laquelle l’exploit fut flat­teur, les fleurs capi­teuses,
J’escamotais une gerbe des roses aux­quelles je dévouais
Chaque sou­ve­nir dou­lou­reux.
Je res­sen­tais le trans­port ébran­lant de quelques archanges
Idiots près des cor­si pourpres et dorés qui m’agressaient
Avec leurs spots de motos, et cela m’était facile de les
Bloquer
Je pré­fé­rais la dis­tance d’une soli­tude essen­tielle en
Maintenant le regard sur la tombe fraîche. J’y son­geais
Follement, dénu­dant une éter­ni­té de délices : un jour je me
Suis mise à cares­ser les livides cre­vasses de l’horreur qui
Couvraient fur­ti­ve­ment l’étendue du ciel – j’y voyais
Promesses, cré­pus­cules, dans un monde deve­nu fer­tile
Jusque dans ses terres san­glantes, et je lui dédiais une
Nouvelle église
Je m’évertuais, tra­ver­sant les escar­pe­ments nei­geux d’où l’annoncia-
tion meur­trière, nageai dans des tor­rents gor­gés de pluie, péné­trai les
noires pro­fon­deurs
de la mer/​de ;
je détrui­sais toute œuvre de misé­ri­corde en y liant un sys­tème
sublime et gran­de­ment ouvert, à l’ascension moins reli­gieuse.
Autant je cou­rais
(mon­sieur ! ) je cou­rais loin
et loin encore ;
je m’escrimais à y accé­der-je conjec­tu­rais que la soli­tude était une-
vic­toire. »

 

Ce va et vient entre le par­ti­cu­lier et le col­lec­tif est éga­le­ment l’occasion de mettre en place une séman­tique qui entre­tient une dia­lec­tique entre le texte et l’image. Il s’agit là d’une poé­sie où la réité­ra­tion de l’évocation des sen­sa­tions visuelles per­met à Katia Roessel de convo­quer des élé­ments réfé­ren­tiels don­nés à voir grâce à l’emploi d’un para­digme qui tisse la trame d’une énon­cia­tion tout à fait par­ti­cu­lière qui est celle d’un regard ins­crit dans la tem­po­ra­li­té d’un par­cours qui prend forme à tra­vers les visions de l’énonciatrice.

 

« Elles sont cou­chées dans un lit où on voit leurs
jambes décou­pées par une cou­ver­ture de fla­nelle.

deux pou­pées sont tou­jours posées près du grillage
de la fenêtre, et, de façon néfaste peut-être, j’avais
chié un tas pour que le monde en rêve sans doute
pour des dizaines d’années encore. »

 

Le titre du recueil, « Les Yeux ban­dés », en fai­sant réfé­rence à la céci­té, semble prendre le contre-pied des champs lexi­caux du regard et de la per­cep­tion visuelle qui émaillent l’étendue des textes du recueil. Mais ce fonc­tion­ne­ment anti­thé­tique n’est valide que si l’on omet de consi­dé­rer la richesse et la pré­gnance d’un monde inté­rieur qui per­met à la poète de façon­ner la matière du réel et de mener le lec­teur face à des visions sen­sibles et créa­trices d’images poé­tiques qui confèrent aux élé­ments du réel ain­si per­çus une dimen­sion inédite.

Katia Roessel, Les Yeux ban­dés, Mémoire Vivante, 69 pages, 2010, 16 euros.

 

***

 

 

 

Georges per­ec dont le nom suf­fit à convo­quer une biblio­gra­phie dense et d’une richesse excep­tion­nelle, est à l’honneur dans le titre même de ce petit recueil de quinze textes. L’épigraphe d’œuvre le convoque éga­le­ment car une cita­tion tirée de W ou le sou­ve­nir d’enfance figure en tête de l’ouvrage :

 

« Les choses et les lieux n’avaient pas de noms
ou en avaient plu­sieurs :

les gens n’avaient pas de visage. 

Georges Perec, W ou le sou­ve­nir d’enfance »

 

Dans W ou le sou­ve­nir d’enfance Georges Perec tente de rendre compte de ce qui ne sau­rait être énon­cé : l’horreur de la seconde guerre mon­diale, et de son his­toire per­son­nelle fau­chée par « l’Histoire avec sa grande hache ». Le visage de sa mère s’éloigne de lui, alors qu’elle lui dit au revoir sur un quai de gare, car afin qu’il échappe à la dépor­ta­tion ses parents le cachent en l’éloignant d’eux. Cela sera la der­nière fois qu’il ver­ra le visage de celle qui lui a don­né le jour. Puis, ensuite, il lui a fal­lu sur­vivre et gran­dir, seul, mal­gré tout. Et face à l’impossibilité de racon­ter l’épouvantable, gageure à laquelle se sont heur­tés ceux qui ont vou­lu rendre compte de l’innommable, l’auteur va avoir recours à une mise en œuvre for­melle apte à sus­ci­ter une intense émo­tion : il alterne les cha­pitres, l’un rela­tant son exis­tence et l’autre qui met en scène, à l’occasion d’un récit fic­tif, des ath­lètes qui sur une île non iden­ti­fiable s’entraînent pour décu­pler leurs per­for­mances, et dont les attri­buts sont en tout points simi­laires aux canons énon­cés par l’idéologie nazie. C’est de cette par­tie qu’est issue l’exergue citée par Laurent Grison, qui choi­sit de se pla­cer sur le ver­sant de l’univers fic­tion­nel mais non moins réfé­ren­tiel de cette auto­bio­gra­phie magni­fique. Et le lien est réaf­fir­mé dés le pre­mier texte du recueil :

 

dans la ville mère
l’ancre d’acier

retient l’immeuble
sans trait
ni point

 

une seule lettre suf­fit
pour écrire
le des­tin amer
de ceux
de la rue Vilin

 

L’œuvre de Georges Perec est d’une épais­seur séman­tique et concep­tuelle consi­dé­rable. Et loin de demeu­rer dans l’évocation de W ou le sou­ve­nir d’enfance, Laurent Grison au fil des cha­pitres de ce petit recueil convoque d’autres aspects de l’œuvre de cet auteur pro­lixe. Ainsi il fait réfé­rence au roman lipo­gramme La Disparition dans le titre du der­nier cha­pitre, « Ls choss rprn­dront vi ». Le lec­teur y recon­naî­tra peut-être éga­le­ment dans l’évocation de l’univers urbain une réfé­rence à Espèces d’espaces, et dans « Croiser (clas­se­ment inverse-13) », second cha­pitre du livre, à Penser/​classer. Bien d’autres thé­ma­tiques tirées de l’œuvre de cet auteur incom­men­su­rable sont éga­le­ment évo­quées aux pages du Tombeau de Georges Perec.

Mais faut-il n’y voir qu’un hom­mage qui énu­mè­re­rait quelques unes des mul­tiples facettes de l’œuvre de Perec ? Il semble que l’univers de Laurent Grison n’ait rien cédé à la pré­sence de cet auteur. Il ne s’agit pas d’un effa­ce­ment mais d’une jux­ta­po­si­tion, d’une conjonc­tion de deux sen­si­bi­li­tés. La langue de Laurent Grison offre un emploi tout par­ti­cu­lier des para­digmes, ser­vis par une syn­taxe dont le pro­to­cole quelque peu désta­bi­li­sé est créa­teur de sens. Ainsi évo­quer Georges Perec est pour l’auteur l’occasion de don­ner au lan­gage poé­tique une dimen­sion toute per­son­nelle. Emouvant et dense, Le Tombeau de Georges Perec pro­pose donc avant tout une ren­contre, celle d’un poète qui écrit à celui qui a écrit que la sub­stance de son œuvre est matière vivante.

Laurent Grison, Le tom­beau de Georges Perec, La Porte, 26 pages, 2015.

 

***

 

 

Le petit for­mat d’une cou­ver­ture ornée de motifs eth­niques qui convoquent l’Art afri­cain confère à ce livre une dimen­sion orne­men­tale. Il semble presque que la tex­ture du tis­sage tra­di­tion­nel qui forme le tis­sus dont la trame est repro­duite ici ne déborde du cadre pour ouvrir une route pal­pable au voyage dont la direc­tion est indi­quée par le titre : « Bogolan », ins­crit dis­crè­te­ment sous le nom de l’auteur, Julien Delmaire. La cohé­rence séman­tique entre les élé­ments du para­texte qui incluent une courte pré­sen­ta­tion en qua­trième de cou­ver­ture des­sinent donc l’attente d’un dépay­se­ment. Les qua­rante textes com­pacts qui s’enchainent au fil de pages dont ils recouvrent le centre ne portent que des numé­ros. L’allure typo­gra­phique est celle de la prose. Qu’est-ce à dire ? Deux épi­graphes d’œuvre ouvrent la lec­ture de cet objet livre :

 

 "…sous les tam­bours cre­vés
de ce pays cre­vé au soleil cre­vé

où tumé­fié se lève l’espoir tou­jours têtu…

Amadou Lamine Sall, Les veines sau­vages

Je souffre, comme toi n'est-ce pas ? Comme la nuit d'hivernage.

Leopold Sedar Senghor, Les veines sau­vages "

 

 

 

Julien Lemaire convoque dés l’avant lec­ture deux auteurs afri­cains, dont l’un, Léopold Sédar sen­ghor, n’est plus à pré­sen­ter, car cha­cun sait qu’il a por­té la voix des oppri­més, des oubliés, des vic­times sou­mises à une vio­lence inouïe qui per­dure encore sur ce conti­nent afri­cain mis à feu et à sang. Ainsi les aus­pices sous les­quelles sont pla­cés les textes de Bogolan signent le com­bat pour dénon­cer ces atro­ci­tés. Les champs lexi­caux déployés dans les cita­tions l’énoncent : il s’agit bien d’une parole enga­gée que le lec­teur se pré­pare à décou­vrir. Et le texte limi­naire ne dément pas cet hori­zon d’attente :

 

« Je sépare le silence en branches paral­lèles. Les morts sont pris dans un cau­che­mar où sur­nagent des signes cra­que­lés. Comprendre ce quar­tier, au-delà des ful­gu­rances de tôles et de pneus, c’est trier l’étoile pubère par­mi les détri­tus. Mon quar­tier s’écrit en tra­cés de gou­dron, comme un pou­lain retire son har­nais, délite sa cri­nière. Je suis nu sur la cor­niche, avec l’audace des pale­fre­niers, je riva­lise de mys­tère avec la lune, j’adopte la pos­ture vio­lente du nénu­phar, j’accorde mon souffle aux tam­bours. Bastonnade de feuillages, les flancs du che­val trans­pirent la ten­dresse des gar­gotes. Les âmes sont douces. Le sucre hyp­no­tise les sor­ciers. On sert encore du café à celui qui s’effondre »

 

Un énon­cia­teur dés l’abord emmène le lec­teur avec lui sur les traces de ce pays, Dakar, dont la topo­gra­phie exacte est indi­quée en qua­trième de cou­ver­ture. Celui-ci relate son périple, son retour là où il a gran­di. Grâce à une langue pro­saïque dont l’agencement syn­taxique trace des images ful­gu­rante, le poète laisse entre­voir la puis­sance de cette vio­lence subie et des­truc­trice. La jux­ta­po­si­tion inédite d’éléments réfé­ren­tiels ser­vis par un lexique dont l’emploi reste pro­to­co­laire per­met de confron­ter les per­cep­tions du locu­teur. Grâce à cet enchaî­ne­ment de bribes jux­ta­po­sées et dont le lec­teur devine l’agencement exis­ten­tiel, l’auteur confère à cette prose une dimen­sion émi­nem­ment poé­tique. Il semble alors que julien Lemaire n’ait trou­vé une manière puis­sante et émou­vante pour rela­ter l’indicible.

Julien Delmaire, Bogolan, Le Temps des Cerises, 55 pages, 2015, 10 euros.

 

 

mm

Carole Mesrobian

Carole Carcillo Mesrobian est née à Boulogne en 1966. Elle réside en région pari­sienne. Professeure de Lettres Modernes et Classiques, elle pour­suit des recherches au sein de l’école doc­to­rale de lit­té­ra­ture de l’Université Denis Diderot. Elle publie en 2012 Foulées désul­toires aux Editions du Cygne, puis, en 2013, A Contre murailles aux Editions du Littéraire, où a paru, au mois de juin 2017, Le Sursis en consé­quence. En 2016, La Choucroute alsa­cienne paraît aux Editions L’âne qui butine, et Qomme ques­tions, de et à Jean-Jacques Tachdjian par Vanina Pinter, Carole Carcilo Mesrobian, Céline Delavaux, Jean-Pierre Duplan, Florence Laly, Christine Taranov,  aux Editions La chienne Edith. En 2018, elle publie Aperture du silence, chez PhB Editions.

Parallèlement paraissent des textes inédits ain­si que des cri­tiques ou entre­tiens sur les sites Recours au Poème, Le Capital des mots, Poesiemuzicetc., Le Littéraire, le Salon Littéraire, Décharge, Texture, Sitaudis, De l’art hel­vé­tique contem­po­rain. Elle publie des articles ou des textes cri­tiques dans des revues papier telles que Libelle, L’Atelier de l’agneau, Décharge, Passage d’encres, Test n°17, Créatures , Formules, Cahier de la rue Ventura, Libr-cri­tique, Sitaudis, Créatures, Gare Maritime, Chroniques du ça et là, La vie mani­feste et Francopolis.

Elle est l’auteure de la qua­trième de cou­ver­ture des Jusqu’au cœur d’Alain Brissiaud, et de nom­breuses notes de lec­ture, entre­tiens et articles, publiés sur le site Recours au Poème.

X