Hen­ri Michaux

Moments, Tra­ver­sées du temps

 

 

Un mag­nifique recueil dont nous con­nais­sons la ligne édi­to­ri­ale, la col­lec­tion Poésie Gal­li­mard pro­pose une réédi­tion de Moments, Tra­ver­sées du temps, d’Henri Michaux. Le vis­age du poète appa­raît sur un ban­deau qui déroule au milieu d’une cou­ver­ture blanche son pro­fil sur une pho­to prise en gros plan et en noir et blanc. La cou­ver­ture dont nous iden­ti­fions la charte graphique invoque désor­mais de grands noms de la poésie. Dès l’avant lec­ture la dis­po­si­tion des textes cen­trés sur les pages blanch­es, la brièveté des  vers qui se suiv­ent, met­tant un mot puis un autre en exer­gue, ces stro­phes ténues et irrégulières, nous per­me­t­tent d’identifier la manière d’un auteur dont nous con­nais­sons l’envergure.

Dis­tribués aux XI chapitres de Moments, les poèmes s’articulent autour de thé­ma­tiques omniprésentes dans l’œuvre d’Henri Michaux. Le « choc », les « afflux » sal­va­teurs d’énergie pure et libéra­toire, les « ten­sions for­mi­da­bles » et cette présence de « l’autre », scruté comme un enne­mi dans Face aux ver­rous, de ce dou­ble qui, ici, devient part de Lumière :

 

« Les lignes qu’une main a tracées
que c’est surprenant !
L’autre à cœur ouvert
Son écri­t­ure que je respire

 

De l’inconnu, d’emblée familier
son écri­t­ure
son écri­t­ure en mon âme
les lignes d’or man­u­scrit écrit il y a deux siècles
comme si, à l’instant même
elles sor­taient de la plume
délivrées par l’esprit, qui en font sur-le-champ
la décou­verte toute fraîche

 

Dérive, à nou­veau dérive
Tout ver­sus néfaste

 

Je cesse de pou­voir m’appuyer
Ma langue pend entre mille »

 

La langue « des autres » est perçue dans son inca­pac­ité à ren­dre compte du monde et d’une réal­ité qui ne se conçoit que dans la transcendance.

 

« D’aucune langue, l’écriture-
Sans appar­te­nance, sans filiation
Lignes, seule­ment lignes. »

 

Il s’agit de sor­tir du « piège de la langue des autres » asser­tion qui vient clore Mou­ve­ments, le pre­mier texte du recueil Face aux ver­rous. Le ressasse­ment, les répéti­tions de sonorités et de mots, le jeu avec l’espace scrip­tur­al et le rythme que con­fère l’entrelacement de vers et de prose, ce tra­vail sur le sig­nifi­ant qui donne à la langue d’Henri Michaux cette puis­sance incan­ta­toire ne fait pas défaut dans Moments où le poète célèbre le « Jour de nais­sance de l’illimitation ».

La syn­taxe toute par­ti­c­ulière, faite de repris­es anaphoriques et de mis­es en exer­gue, de bribes de phras­es ou de mots par­ti­c­ulière­ment chers à l’univers de l’auteur, con­fère à son œuvre une dimen­sion ini­ti­a­tique. La déstruc­tura­tion appelée et atten­due comme libéra­toire, sal­va­trice, motive la mise en forme syn­tax­ique. Le vers de Michaux, court, cinglant, offre à l’espace scrip­tur­al une dimen­sion métaphorique. Tels les « signes représen­tant des mou­ve­ments », dessins de l’auteur qui inau­gurent le recueil Face aux ver­rous, le sig­nifi­ant est mou­ve­ment, danse, énergie démul­ti­pliée. La mise en relief en début de vers de sub­stan­tifs ou d’adverbes répétés de texte en texte, de recueil en recueil, per­met la con­vo­ca­tion des con­cepts ain­si évo­qués dans une imma­nence qui per­met d’en appréhen­der toute la dimension.

Et si la parole unique et d’une puis­sance évo­ca­toire non égalée d’Henri Michaux ne fait pas défaut ici, Moments dif­fère des autres recueils de l’auteur car, ain­si que l’énonce le sous titre, Tra­ver­sées du temps, s’envisage la pos­si­bil­ité d’une rédemp­tion. Regard rétro­spec­tif de par l ‘évo­ca­tion des heurts et des errances passées à la recherche de cette libéra­tion enfin aboutie, la quête de la paix a mené au silence et à la dis­pari­tion de toute dualité.

 

« Afflux
Afflux des unifiants
Afflu­ence
l’Un enfin
en foule
resté seul, inclu­ant tout
l’Un. »

 

Moments, Tra­ver­sées du temps offre donc un pas­sage vers la Lumière, « Une Lumière/Quelle lumière !/ Une lumière presque inac­cept­able ». Des bribes de paix,

 

« Venant, par­tant, sans fron­tières, obsta­cles flu­ides à tout parachève­ment, détachant et se détachant sans enseign­er le détachement,
Moments, bruisse­ments, tra­ver­sées du temps. »

 

 

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François Xavier

Le Miroir de la déraison

 

 

Une cou­ver­ture qui laisse toute lat­i­tude à un espace dis­cur­sif entre image et texte, et qui per­met le déploiement de l’envergure plurisé­man­tique du titre, Le Miroir de la dérai­son. Une annonce tutélaire qui sug­gère dès l’avant lec­ture la réflex­iv­ité, celle du lan­gage, décou­vert et renou­velé par une con­fronta­tion aux encres de Jacque­line Ricard, mais aus­si par la langue de François Xavier. Et regarder ce livre, le dessin des poèmes, dont la brièveté n’en­lève rien à la den­sité, décrypter l’univers séman­tique offert par la con­fronta­tion de ces deux vecteurs intime­ment liés, qui au fil des pages non numérotées s’entrelacent pour se révéler, c’est redé­cou­vrir le signe, révélé dans toute son épais­seur, comme un trait de fusain, dans son dial­o­gisme avec les dessins, « Matière de soie Déportée sur la matière de roche ».

Thé­ma­tique atem­porelle s’il en est, le sen­ti­ment amoureux est sujet de nom­breux textes. Toute­fois,  jamais rien ne cède à une facil­ité par trop usitée  de l’emploi de reg­istres si sou­vent asso­ciés au dis­cours lyrique de l’évocation des sen­ti­ments intimes. Bien au con­traire, dans une langue inédite tis­sée d’images et sans con­ces­sion aucune, le dis­cours amoureux ici renou­velé est matière à son­der l’âme du poète, qui nous invite à partager ses inter­ro­ga­tions sur l’essence même de l’existence.

La brièveté des textes, le tra­vail syn­tax­ique, la créa­tion d’images sus­citées par la mise en rela­tion inédite des sig­nifi­ants per­me­t­tent l’invention d’une poésie qui, sans rompre avec les élans d’une moder­nité poé­tique ’inscrite dans la sil­lage du clas­si­cisme, offre au genre de nou­velles per­spec­tives. La présence d’un sujet, hors énon­ci­a­tion d’éléments anec­do­tiques, hors tout cadre référen­tiel, con­fère à cette poésie une dimen­sion ini­ti­a­tique. L’évocation de l’être aimé est matière à une réflex­ion sur la pos­ture exis­ten­tielle  et plus encore à un tra­vail sur la langue qui, ouverte à de mul­ti­ples lec­tures, ne cesse d’offrir au miroir que lui tend François Xavier d’infinis reflets dis­ant toute l’envergure de l’enchevêtrement du signe.

 

« Dans une langue unique
De l’endroit physique
Et ailleurs ».

 

C’est là que nous con­duit le poète, vers cet ailleurs du lan­gage, dévoilé par son écri­t­ure, et par le con­fronta­tion aux traits noirs des encres de Jacque­line Ricard, qui ne cèdent en rien à la mimé­sis, mais offrent toute lat­i­tude séman­tique aux textes. Quand au poète,

 

 

« Il est la musique cigale au vent
Bondis­sant de feuille en feuille
Noir sur blanc c’est écrit dans la trame
Par­chemin sif­fleur entre ses doigts »

 

 

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Christophe Dauphin et Anna Tüskés

Les Orphées du Danube, Jean Rous­selot, Gyu­la Illyés et Ladis­las Gara

 

 

Faire con­naître la poésie hon­groise en France, voici l’objet des Orphées du Danube. Christophe Dauphin et Anna Tüskés y ont réu­ni des textes de divers poètes ain­si qu’un choix de let­tres de Jean Rous­selot à Gyu­la Illyés. D’aspect imposant, ce lourd vol­ume de 458 pages pro­pose en cou­ver­ture de décou­vrir les vis­ages de ceux qui ont porté la poésie hon­groise, Jean Rous­selot, Gyu­la Yllyés et Ladis­las Gara, qui appa­rais­sent au dessus d’une pho­to panoramique de Budapest. Il s’agit d’identité, de don­ner vis­age et épais­seur topographique aux voix qui émail­lent les pages de cette antholo­gie poé­tique. Ain­si l’horizon d’attente est-il claire­ment dess­iné, et le lecteur ne s’y trompera pas, car il s’agit bien de pénétr­er au cœur de la lit­téra­ture hon­groise du vingtième siè­cle, à tra­vers la décou­verte de poètes qui ont con­tribué à façon­ner son his­toire lit­téraire. Précé­dant les textes de quelque douze poètes hon­grois traduis par Ladis­las Gara et adap­tés par Jean Rous­selot, une impor­tante pré­face de Christophe Dauphin retrace le par­cours his­torique, social et poli­tique du pays, qui a mené à la con­sti­tu­tion de l’univers poé­tique présen­té dans ce recueil à tra­vers les œuvres des auteurs qui y sont con­vo­qués. Enfin, les derniers chapitres sont con­sacrés à la cor­re­spon­dance de Jean Rous­selot et Gyu­la Illyés, dans un choix de let­tres annotées par Anna Tüskés.

La mise en per­spec­tive de l’œuvre des poètes présen­tés, replacés dans le con­texte de   pro­duc­tion des textes, ain­si que les con­sid­éra­tions sur la tra­duc­tion, offrent de véri­ta­bles grilles de lec­ture, mais sont égale­ment pré­texte à une inter­ro­ga­tion sur la pro­duc­tion de l’écrit lit­téraire. Faut-il le con­sid­ér­er comme un univers clos, conçu hors de toute moti­va­tion extérieure préex­is­tant à sa pro­duc­tion, ou bien faut-il le lire ain­si que l’émanation d’un con­texte his­torique, social et poli­tique coex­is­tant. Loin de pré­ten­dre répon­dre à cette prob­lé­ma­tique qui a ani­mé bien des débats sur l’essence même de tout acte de créa­tion, le dial­o­gisme qui s’instaure entre les dif­férentes par­ties du recueil ouvre à de mul­ti­ples ques­tion­nements. Plus encore, l’extrême richesse des élé­ments agencés selon un dis­posi­tif qui enrichi la lec­ture de cha­cune des par­ties per­met non seule­ment de décou­vrir ou de relire des poètes dont la langue porte haut l’essence de la poésie, mais, grâce à la coex­is­tence du dis­cours cri­tique exégé­tique, d’en percevoir toute la dimension.

 

 

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Ivar Ch’vavar et camarades

Cadavre grand m’a raconté

 

 

Un vol­ume imposant, qui regroupe un nom­bre d’auteurs non moins imposant, tel est Cadavre grand m’a racon­té, sec­onde édi­tion revue et aug­men­tée que nous devons à Ivar Ch’Vavar. La cou­ver­ture blanche exempte de toute icono­gra­phie affiche un titre dont les let­tres ros­es sont soulignées par le sous-titre, Antholo­gie de la poésie des fous et des crétins du nord de la France. Dés l’abord, la tonal­ité ludique voire bur­lesque est donnée.

D’apparence hétéro­clite, des textes en prose s’articulent avec des poèmes, alors que d’autres pages pro­posent de met­tre à con­tri­bu­tion la typogra­phie qui alors habite l’espace scrip­tur­al de manière créa­trice. Et les noms des auteurs, qui se suc­cè­dent, indiquent là aus­si la dimen­sion ludique du recueil. Le jeu avec les patronymes de ces personnages/auteurs ne laisse pas de doute sur la dimen­sion par­o­dique de l’ensemble. Il suf­fit de con­stater que cer­tains d’entre eux sont des homo­phones de sub­stan­tifs appar­tenant pour la plu­part au reg­istre fam­i­li­er, tel Emmanuel Derche ou encore Hor­reur Dupoil.  Mais, au-delà du jeu, il est égale­ment per­mis d’y voir une désacral­i­sa­tion de la pos­ture auc­to­ri­ale, et une invi­ta­tion à penser la fic­tion dans sa mise en abyme avec l’invention de ces auteurs qui, créa­tion du créa­teur, n’en sont pas moins les porte-paroles de pro­pos incisifs à l’encontre des modes de vie des con­tem­po­rains de  l’auteur. A tra­vers l’évocation de ces univers fic­tion­nels, Ivar Ch’Vavar n’en con­voque pas moins le réel. Et si la Picardie, son épais­seur cul­turelle et his­torique, ses paysages et sa langue, le Picard, est matière des textes du recueil, il ne s’agit pas unique­ment de la con­vo­quer en toile de fond. Cette région est don­née à voir dans sa dimen­sion sociale et poli­tique actuelle. La déser­ti­fi­ca­tion de cette par­tie de la France touchée plus que toute autre par des prob­lèmes économiques transparaît dans l’évocation des biogra­phies des per­son­nages créés par l’auteur. Et le reg­istre bur­lesque amené dès l’avant lec­ture par le para­texte et par ces noms évo­ca­teurs ouvre à cette dimen­sion réflex­ive qui sou­tient une lec­ture poly­sémique et per­met une mise à dis­tance de l’univers fictionnel.

Mais tous les auteurs ne sont pas des auteurs fic­tifs. Lucien Suel, Kon­rad Schmitt et Chris­t­ian-Edziré Déquesnes sont bel et bien réels. Ils sont, eux aus­si, créa­teurs d’un dis­cours qui ancre la dimen­sion fic­tion­nelle dans l’univers cul­turel du Nord. Tout comme Ivar Ch’Vavar, le souci d’offrir une dimen­sion cri­tique au dis­cours motive leur démarche à l’écriture.

La prose de Kon­rad Schmitt ne cesse d’osciller entre déri­sion caus­tique et regard dés­abusé qui transparais­sent  dans les por­traits de per­son­nages décalés. Il n’a de cesse  de ren­dre compte de l’absurdité d’une société dont il révèle les tra­vers. Chris­t­ian-Edziré Déquesnes, inven­teur de la Grande Picardie Men­tale, est un fer­vent défenseur de la langue picarde, pour laque­lle il s’est mobil­isé. Auteur de plusieurs recueils en vers et en prose d’une tonal­ité atyp­ique, il crée une mytholo­gie de la moder­nité en prenant appui sur le fond de légen­des et l’univers fab­uleux de la Matière de Bre­tagne et des poètes gaéliques. Mêlant fic­tion, élé­ments auto­bi­ographiques et références artis­tiques, à tra­vers l’évocation d’archétypes qui appar­ti­en­nent au fond mythique, son œuvre par­ticipe de l’édification d’un dis­cours cri­tique et réflexif sur le Nord.

Ivar Ch’Vavar pro­pose donc, avec ses cama­rades, per­son­nages inven­tés ou com­pagnons de longue date, un recueil d’une rare den­sité. La mul­ti­tude de typolo­gies dis­cur­sives  offertes ain­si que les reg­istres var­iés ne per­me­t­tent jamais au lecteur d’échapper à la dimen­sion réflex­ive du dis­cours. Tou­jours sol­lic­ité, il est mené vers lui-même, vers la décou­verte de ces univers dont l’épaisseur séman­tique sus­cite de nom­breuses réflex­ions, des inter­ro­ga­tions, et ce sen­ti­ment que la Lit­téra­ture porte encore la parole d’une Human­ité dont elle éclaire la route.

 

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Carole Mesrobian

Car­ole Car­cil­lo Mes­ro­bian est poète, cri­tique lit­téraire, revuiste et per­formeuse. Elle pub­lie en 2012 Foulées désul­toires aux Edi­tions du Cygne, puis, en 2013, A Con­tre murailles aux Edi­tions du Lit­téraire, où a paru, au mois de juin 2017, Le Sur­sis en con­séquence. En 2016, La Chou­croute alsa­ci­enne paraît aux Edi­tions L’âne qui butine, et Qomme ques­tions, de et à Jean-Jacques Tachd­jian par Van­i­na Pin­ter, Car­ole Car­ci­lo Mes­ro­bian, Céline Delavaux, Jean-Pierre Duplan, Flo­rence Laly, Chris­tine Tara­nov,  aux Edi­tions La chi­enne Edith. Elle est égale­ment l’au­teure d’Aper­ture du silence (2018) et Onto­genèse des bris (2019), chez PhB Edi­tions. Cette même année 2019 paraît A part l’élan, avec Jean-Jacques Tachd­jian, aux Edi­tions La Chi­enne, et Fem mal avec Wan­da Mihuleac, aux édi­tions Tran­signum ; en 2020 dans la col­lec­tion La Diag­o­nale de l’écrivain, Agence­ment du désert, paru chez Z4 édi­tions, et Octo­bre, un recueil écrit avec Alain Bris­si­aud paru chez PhB édi­tions. Elle par­ticipe aux antholo­gies Dehors (2016,Editions Janus), Appa­raître (2018, Terre à ciel) De l’hu­main pour les migrants (2018, Edi­tions Jacques Fla­mand) Esprit d’ar­bre, (2018, Edi­tions pourquoi viens-tu si tard), Le Chant du cygne, (2020, Edi­tions du cygne), Le Courage des vivants (2020, Jacques André édi­teur), Antholo­gie Dire oui (2020, Terre à ciel), Voix de femmes, antholo­gie de poésie fémi­nine con­tem­po­raine, (2020, Pli­may). Par­al­lèle­ment parais­sent des textes inédits ain­si que des cri­tiques ou entre­tiens sur les sites Recours au Poème, Le Cap­i­tal des mots, Poe­siemuz­icetc., Le Lit­téraire, le Salon Lit­téraire, Décharge, Tex­ture, Sitaud­is, De l’art helvé­tique con­tem­po­rain, Libelle, L’Atelier de l’ag­neau, Décharge, Pas­sage d’en­cres, Test n°17, Créa­tures , For­mules, Cahi­er de la rue Ven­tu­ra, Libr-cri­tique, Sitaud­is, Créa­tures, Gare Mar­itime, Chroniques du ça et là, La vie man­i­feste, Fran­copo­lis, Poésie pre­mière, L’Intranquille., le Ven­tre et l’or­eille, Point con­tem­po­rain. Elle est l’auteure de la qua­trième de cou­ver­ture des Jusqu’au cœur d’Alain Bris­si­aud, et des pré­faces de Mémoire vive des replis de Mar­i­lyne Bertonci­ni et de Femme con­serve de Bluma Finkel­stein. Auprès de Mar­i­lyne bertonci­ni elle co-dirige la revue de poésie en ligne Recours au poème depuis 2016. Elle est secré­taire générale des édi­tions Tran­signum dirigées par Wan­da Mihuleac.