Bestiaire minuscule de Jean-Claude Tardif

Par |2020-01-03T17:10:29+01:00 19 novembre 2013|Catégories : Critiques, Jean-Claude Tardif|

   Il fau­dra écrire un jour l’his­toire des Bes­ti­aires. Sans remon­ter aux ptéro­dactyles (les hommes préhis­toriques n’écrivaient pas de poèmes !), on peut citer le Phys­i­ol­o­gos, un bes­ti­aire antique des pre­miers siè­cles de notre ère, les bes­ti­aires médié­vaux, Le Bes­ti­aire ou cortège d’Or­phée de Guil­laume Apol­li­naire (illus­tré à l’o­rig­ine par Raoul Dufy), les Bes­ti­aires de Mau­rice Genevoix…

    Jean-Claude Tardif s’in­scrit à sa façon dans cette tra­di­tion et dans celle de la poésie : on peut en effet abor­der son Bes­ti­aire minus­cule en pen­sant au célèbre poème de l’ab­bé de L’At­taig­nant, Le Mot et la Chose, tout en oubliant ses sous-enten­dus ! Jean-Claude Tardif, s’il part d’an­i­maux, se sert de mots et fait, dans cha­cun de ses poèmes, le por­trait imag­i­naire d’un ani­mal et c’est alors l’oc­ca­sion pour lui de jouer avec les mots. Quelques exem­ples : un vieux cochon inter­rogé sur son avenir répond “on ver­ra, on ver­rat”…, ce poème inti­t­ulé Le Gypaète  qu’on peut citer dans sa total­ité : “Ici gypaète ! / Qu’il repose en paix / avait ajouté à la plume / un poète sans inspi­ra­tion” (humour à tiroirs !). Mais Jean-Claude Tardif ne dédaigne pas le calem­bour : voir son “eau tarie”, ses pro­pos prêtés au san­gli­er, “je n’ai qu’hure”… Mais il n’y a pas que l’hu­mour qui compte car Jean-Calude Tardif fait, à l’oc­ca­sion, la leçon aux hommes : ain­si le loup demande à ces derniers qui, par­fois, por­tent des loups : “De nous deux qui donc fait la bête ?”. Il rejoint ain­si les anciens auteurs de bes­ti­aires qui se ser­vaient des por­traits d’an­i­maux pour tir­er une moral­ité à des­ti­na­tion des humains… Et, à l’oc­ca­sion comme avec le Rhé­sus pour lequel il se fait un sang d’en­cre, il se trans­forme en écolo !

    On par­don­nera donc à Jean-Claude Tardif son jeu de mots (dans le poème Le Pic noir) assez lourd ou laborieux sur Four­mi, (qui s’orthogra­phie en fait Four­mies) à qui il donne une apparence de ville minière en la faisant voisin­er avec Montceau-les-Mines : Four­mies ne con­nut jamais d’ex­ploita­tion char­bon­nière ! Au XIXème siè­cle et jusqu’à la fin des années 1940, cette ville de la Thiérache fut un cen­tre tex­tile spé­cial­isé dans la laine peignée.

Présentation de l’auteur

Jean-Claude Tardif

Jean-Claude Tardif est né en 1963 à Rennes dans une famille ouvrière. Il vit actuelle­ment près du Havre. Poète, auteur de réc­its, de nou­velles et romans. Il ani­me depuis 99 la revue : « A L’In­dex ». De 1997 à 2012 il a ani­mé les Ren­­con­tres-Lec­­tures du « Livre à Dire » à Mon­tivil­li­er où il a reçu des auteurs français et fran­coph­o­nes. Au côté d’une oeu­vre poé­tique pub­liée en recueils, il est égale­ment présent dans plusieurs antholo­gies con­sacrées à la poésie con­tem­po­raine et de nom­breuses revues tant hexag­o­nales qu’é­trangères. Cer­tains de ses poèmes ont fait l’ob­jet de tra­duc­tions en alle­mand, por­tu­gais, italien …

Bib­li­ogra­phie (sup­primer si inutile)

Autres lec­tures

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Lucien Wasselin

Il a pub­lié une ving­taine de livres (de poésie surtout) dont la moitié en livres d’artistes ou à tirage lim­ité. Présent dans plusieurs antholo­gies, il a été traduit en alle­mand et col­la­bore régulière­ment à plusieurs péri­odiques. Il est mem­bre du comité de rédac­tion de la revue de la Société des Amis de Louis Aragon et Elsa Tri­o­let, Faîtes Entr­er L’In­fi­ni, dans laque­lle il a pub­lié plusieurs arti­cles et études con­sacrés à Aragon. A sig­naler son livre écrit en col­lab­o­ra­tion avec Marie Léger, Aragon au Pays des Mines (suivi de 18 arti­cles retrou­vés d’Aragon), au Temps des Ceris­es en 2007. Il est aus­si l’au­teur d’un Ate­lier du Poème : Aragon/La fin et la forme, Recours au Poème éditeurs. 
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