Jean ESPONDE, A la recherche de Lucy

Par |2019-11-21T12:04:46+01:00 6 novembre 2019|Catégories : Critiques, Jean Esponde|

Sous-titré « Pour que les poètes aiment  AL 288–1 » ce recueil est celui qui suit  « Le désert, Rim­baud » paru en 2018 chez le même édi­teur… Jean Esponde (on se sou­vient de son précé­dent essai) est un grand voyageur ; la Corne de l’Afrique n’a pas de secret pour lui.

A mi-chemin entre le roman et l’essai, ce livre est inclass­able. Il naît de la lec­ture de Mau­rice Taieb, jeune géo­logue (à l’époque) au CNRS, qui dirigea l’expédition inter­na­tionale qui fut à l’origine de la décou­verte du squelette momi­fié de Lucy… En italiques, le roman peut com­mencer (pp 29–31) : le lecteur est trans­porté au temps de Lucy, c’est-à-dire il y a plus de 3 mil­lions d’années… Et dès lors, cela va se pour­suiv­re : les car­ac­tères romains (réservés au com­men­taire et/ou à l’essai), les car­ac­tères italiques réservés au roman en train de s’élaborer, le roman dû aux croy­ances ou aux hypothès­es sur l’homme préhis­torique, vont alterner.

Le car­ac­tère romain plus étroit va appa­raître : c’est un arti­fice trou­vé (pp 46 à 52)  par Jean Esponde pour désign­er les notes qu’il reprend pour écrire la brochure (« Lucy a 40 ans ») qu’il a en pro­jet avec Ali Rob­leh. Harar, tou­jours Harar ! Mais le roman n’est pas oublié pour autant : « Avec tout ça, je risque de per­dre Gowé, le jeune chas­seur errant » (p 60). Et le roman peut recom­mencer (pp 61–62), suivi d’une série de notes. 

Jean Esponde, A la recherche de LucyAte­lier
de l’agneau, 156 pages, 18 euros. En librairie ou 
sur cat­a­logue (com­mande en ligne : laissez-vous 
guider, port en plus).

La décou­verte des osse­ments de Lucy fut quelque chose de com­pa­ra­ble à  « un mariage princi­er, ou un but du PSG en Coupe d’Europe »  (p 70).  La poli­tique s’y mêle : « l’empereur Haïlé Sélas­sié avait été ren­ver­sé par des mil­i­taires » (p 73). Ce qui n’est pas sans retombées sur les tribus afars… Dans l’antépénultième chapitre, Jean Esponde cède au rêve : il imag­ine ce que sont devenus   les mem­bres du clan auquel apparte­nait Lucy, il va même jusqu’à imag­in­er l’esquisse d’un lan­gage mais il ne s’agit là que d’hypothèses !

L’approche de Lucy se fait dou­ble­ment,  par la fic­tion du roman et par les com­men­taires, par l’italique et les romains (j’emploie à dessin le pluriel). Mais les choses se com­pliquent à la page 43 où la fic­tion se mêle au réel via le per­son­nage réel de Dato : on a un peu de mal à suiv­re ! Finale­ment, en mêlant les notes pris­es lors des lec­tures issues de la réflex­ion au com­men­taire, on a un texte de fic­tion. Jean Esponde écrit un véri­ta­ble roman en en mon­trant le tra­vail pré­para­toire ; et c’est une réus­site car j’aime Lucy

Présentation de l’auteur

Jean Esponde

Jean Esponde est né le 18 mai 1945 à Ciboure. il est poète, écrivain et voyageur. Il enseigne la philosophie.

© Crédits pho­tos Cather­ine Dambre­ville, 2011.

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Lucien Wasselin

Il a pub­lié une ving­taine de livres (de poésie surtout) dont la moitié en livres d’artistes ou à tirage lim­ité. Présent dans plusieurs antholo­gies, il a été traduit en alle­mand et col­la­bore régulière­ment à plusieurs péri­odiques. Il est mem­bre du comité de rédac­tion de la revue de la Société des Amis de Louis Aragon et Elsa Tri­o­let, Faîtes Entr­er L’In­fi­ni, dans laque­lle il a pub­lié plusieurs arti­cles et études con­sacrés à Aragon. A sig­naler son livre écrit en col­lab­o­ra­tion avec Marie Léger, Aragon au Pays des Mines (suivi de 18 arti­cles retrou­vés d’Aragon), au Temps des Ceris­es en 2007. Il est aus­si l’au­teur d’un Ate­lier du Poème : Aragon/La fin et la forme, Recours au Poème éditeurs. 
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