> Jean ESPONDE, A la recherche de Lucy

Jean ESPONDE, A la recherche de Lucy

Par |2019-11-05T23:35:24+01:00 6 novembre 2019|Catégories : Critiques, Jean Esponde|

Sous-titré « Pour que les poètes aiment  AL 288-1 » ce recueil est celui qui suit  « Le désert, Rimbaud » paru en 2018 chez le même édi­teur… Jean Esponde (on se sou­vient de son pré­cé­dent essai) est un grand voya­geur ; la Corne de l’Afrique n’a pas de secret pour lui.

A mi-che­min entre le roman et l’essai, ce livre est inclas­sable. Il naît de la lec­ture de Maurice Taieb, jeune géo­logue (à l’époque) au CNRS, qui diri­gea l’expédition inter­na­tio­nale qui fut à l’origine de la décou­verte du sque­lette momi­fié de Lucy… En ita­liques, le roman peut com­men­cer (pp 29-31) : le lec­teur est trans­por­té au temps de Lucy, c’est-à-dire il y a plus de 3 mil­lions d’années… Et dès lors, cela va se pour­suivre : les carac­tères romains (réser­vés au com­men­taire et/​ou à l’essai), les carac­tères ita­liques réser­vés au roman en train de s’élaborer, le roman dû aux croyances ou aux hypo­thèses sur l’homme pré­his­to­rique, vont alter­ner.

Le carac­tère romain plus étroit va appa­raître : c’est un arti­fice trou­vé (pp 46 à 52)  par Jean Esponde pour dési­gner les notes qu’il reprend pour écrire la bro­chure (« Lucy a 40 ans ») qu’il a en pro­jet avec Ali Robleh. Harar, tou­jours Harar ! Mais le roman n’est pas oublié pour autant : « Avec tout ça, je risque de perdre Gowé, le jeune chas­seur errant » (p 60). Et le roman peut recom­men­cer (pp 61-62), sui­vi d’une série de notes. 

Jean Esponde, A la recherche de LucyAtelier
de l’agneau, 156 pages, 18 euros. En librai­rie ou
sur cata­logue (com­mande en ligne : lais­sez-vous
gui­der, port en plus).

La décou­verte des osse­ments de Lucy fut quelque chose de com­pa­rable à  « un mariage prin­cier, ou un but du PSG en Coupe d’Europe »  (p 70).  La poli­tique s’y mêle : « l’empereur Haïlé Sélassié avait été ren­ver­sé par des mili­taires » (p 73). Ce qui n’est pas sans retom­bées sur les tri­bus afars… Dans l’antépénultième cha­pitre, Jean Esponde cède au rêve : il ima­gine ce que sont deve­nus   les membres du clan auquel appar­te­nait Lucy, il va même jusqu’à ima­gi­ner l’esquisse d’un lan­gage mais il ne s’agit là que d’hypothèses !

L’approche de Lucy se fait dou­ble­ment,  par la fic­tion du roman et par les com­men­taires, par l’ita­lique et les romains (j’emploie à des­sin le plu­riel). Mais les choses se com­pliquent à la page 43 où la fic­tion se mêle au réel via le per­son­nage réel de Dato : on a un peu de mal à suivre ! Finalement, en mêlant les notes prises lors des lec­tures issues de la réflexion au com­men­taire, on a un texte de fic­tion. Jean Esponde écrit un véri­table roman en en mon­trant le tra­vail pré­pa­ra­toire ; et c’est une réus­site car j’aime Lucy

Présentation de l’auteur

Jean Esponde

Jean Esponde est né le 18 mai 1945 à Ciboure. il est poète, écri­vain et voya­geur. Il enseigne la phi­lo­so­phie.

© Crédits pho­tos Catherine Dambreville, 2011.

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Lucien Wasselin

Il a publié une ving­taine de livres (de poé­sie sur­tout) dont la moi­tié en livres d'artistes ou à tirage limi­té. Présent dans plu­sieurs antho­lo­gies, il a été tra­duit en alle­mand et col­la­bore régu­liè­re­ment à plu­sieurs pério­diques. Il est membre du comi­té de rédac­tion de la revue de la Société des Amis de Louis Aragon et Elsa Triolet, Faîtes Entrer L'Infini, dans laquelle il a publié plu­sieurs articles et études consa­crés à Aragon.

A signa­ler son livre écrit en col­la­bo­ra­tion avec Marie Léger, Aragon au Pays des Mines (sui­vi de 18 articles retrou­vés d'Aragon), au Temps des Cerises en 2007.
Il est aus­si l'auteur d'un Atelier du Poème : Aragon/​La fin et la forme, Recours au Poème édi­teurs.