> Eric Brogniet, Sahariennes suivi de Célébration de la lumière

Eric Brogniet, Sahariennes suivi de Célébration de la lumière

Par | 2018-01-07T19:26:06+00:00 19 octobre 2017|Catégories : Critiques, Eric Brogniet|

Deux suites, qui se répondent ou se font écho, com­posent ce recueil. La pre­mière se ter­mine par ce vers “A la lumière du monde” qui annonce la seconde inti­tu­lée “Célébration de la lumière”. Les deux suites ont pour carac­té­ris­tique de se situer dans le désert.

Je ne ferai pas au lec­teur l’injure de citer le bas de la page 49 qui fait état des lieux où a été écrite la pre­mière suite ou l’ont ins­pi­rée. Je remar­que­rai seule­ment qu’elle est com­po­sée de qua­si-haï­kus, des ter­cets qui ne res­pectent pas la règle des 17 mores. Ces brefs poèmes sont tan­tôt des­crip­tifs (“Empreinte des cara­vanes /​ Le pied du cha­meau /​ L’ornière des pneus”), tan­tôt inter­ro­ga­tifs (“Quelle pré­sence /​ De spasme en spasme /​ Entre la stase et l’extase ?”), tan­tôt méta­phy­siques (“L’énonciation /​ Pas l’énoncé : /​ Transe thé­ra­peu­tique”)… Évocation d’un uni­vers où l’humain est réduit à l’état de traces…

Eric Brogniet, Sahariennes suivi de Célébration de la lumière, Al Manar

Eric Brogniet, Sahariennes sui­vi de Célébration de la lumière, Al Manar

La seconde suite, “Célébration de la lumière”, est rédi­gée en poèmes brefs qui ne dépassent pas les dix vers (en deux quin­tils) ; deux, trois ou quatre dis­tiques ou deux ter­cets pour les autres poèmes. Ces poèmes disent une vie inté­rieure qui débouche sur l’amour, une rela­tion mar­quée par la plé­ni­tude alors que la pré­cé­dente suite disait un pay­sage aride où le vide et le rien régnaient en maîtres. Mais de la pre­mière à der­nière page, Eric Brogniet évite la miè­vre­rie.  Peut-on pour autant par­ler d’expérience mys­tique ? Je ne sais pas trop ! La cou­leur réduite à l’air brû­lé, le noir de la lumière sont le cadre de cet amour qui prend dif­fé­rentes formes : l’oasis, les nour­ri­tures ter­restres (le lait de cha­melle, les vins de palme, les rai­sins…) et l’on pense à ce vers de Paul Éluard (“Grandir est sans limites”, extrait de Le Visage de la Paix de 1951, avec vingt-neuf illus­tra­tions de Picasso) : les pierres parlent de l’aimée “crois­sante” et “qui gran­dit” avec le sang…

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Lucien Wasselin

Il a publié une ving­taine de livres (de poé­sie sur­tout) dont la moi­tié en livres d’artistes ou à tirage limi­té. Présent dans plu­sieurs antho­lo­gies, il a été tra­duit en alle­mand et col­la­bore régu­liè­re­ment à plu­sieurs pério­diques. Il est membre du comi­té de rédac­tion de la revue de la Société des Amis de Louis Aragon et Elsa Triolet, Faîtes Entrer L’Infini, dans laquelle il a publié plu­sieurs articles et études consa­crés à Aragon.

A signa­ler son livre écrit en col­la­bo­ra­tion avec Marie Léger, Aragon au Pays des Mines (sui­vi de 18 articles retrou­vés d’Aragon), au Temps des Cerises en 2007.
Il est aus­si l’auteur d’un Atelier du Poème : Aragon/​La fin et la forme, Recours au Poème édi­teurs.

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