> Questionnements politiques et poétiques 2 “Les Orphées du Danube”

Questionnements politiques et poétiques 2 “Les Orphées du Danube”

Par | 2018-02-20T14:21:17+00:00 4 mars 2016|Catégories : Chroniques|

 

Christophe DAUPHIN & Anna TÜSKÉS : "Les Orphées du Danube"

            Christophe Dauphin (et c'est son droit) est vio­lem­ment anti­com­mu­niste. Mais, dans les études de lui que j'ai lues, sa lec­ture de l'activité du par­ti com­mu­niste fran­çais est datée ou cir­cons­crite his­to­ri­que­ment. Et n'écrit-il pas vers 1995, dans un poème inti­tu­lé Lettre au cama­rade Dimitrov (repris dans Inventaire de l'ombre) : "Et ce con d'Aragon /​ Qui chante Staline et sa mous­tache d'urine", confon­dant, semble-t-il, Éluard qui aurait écrit une Ode à Staline et Aragon 1. Christophe Dauphin est né en 1968, c'est dire qu'il a bai­gné dès ses pre­mières années dans l'après-mai 68 où il était de bon ton d'être anti­com­mu­niste… On voit aujourd'hui ce que sont deve­nus les enra­gés de Nanterre ! Christophe Dauphin fait d'Aragon un sta­li­nien convain­cu alors que dans Le Roman inache­vé (publié en 1956), Aragon écrit : "On sou­ri­ra de nous pour le meilleur de l'âme /​ On sou­ri­ra de nous d'avoir aimé la flamme /​ Au point d'en deve­nir nous-mêmes l'aliment" 2. Contrairement à Étiemble qui écrit dans sa pré­face à ce recueil 3 : "En fait, mes réserves n'étaient pas que de rhé­to­rique : pro­cès de Moscou, réa­lisme-socia­lisme, Staline, Jdanov, m'avaient impo­sé de faire séces­sion. Mais au lieu de gar­der le juge­ment froid, je conta­mi­nais de griefs poli­tiques le plai­sir presque sans mélange que, ma poé­tique étant ce qu'elle est, j'aurais dû prendre  au Crève-Cœur…", Christophe Dauphin n'a pas dû lire avec atten­tion Le Roman inache­vé. Étiemble, en effet, voit com­bien Aragon se remet en ques­tion dans La Nuit de Moscou : "On sou­ri­ra de nous… [etc]" ; Étiemble reprend les deux der­niers vers du groupe de trois cité plus haut… Mais il faut lire atten­ti­ve­ment cette pré­face dans laquelle Étiemble note : "J'ai cru long­temps qu'Aragon exer­çait sans souf­frir son magis­tère, qu'il men­tait sans remords, qu'il jouait cyni­que­ment le jeu de la puis­sance" 4  avant de citer à nou­veau Aragon, comme indi­qué ci-avant… Ce n'est donc pas sans cir­cons­pec­tion que j'ai ouvert l'essai de Christophe Dauphin et Anna Tüskés, "Les Orphées du Danube".

 

            L'ouvrage est com­po­sé de six par­ties si l'on ne compte pas l'index :

– Christophe Dauphin pré­sente tout d'abord le livre ;

Douze poètes hon­grois par Ladislas Gara, en fait un choix de poèmes opé­ré par Christophe Dauphin et intro­duit par lui-même ;

– Les Poèmes hon­grois de Jean Rousselot, pré­sen­tés par le même Christophe Dauphin ;

Sept poèmes de  Gyula Illyès, que choi­sit et pré­sente Christophe Dauphin ;

Jean Rousselot et la poé­sie hon­groise par Anna Tüskés ;

– Les Lettres à Gyula Illyès de Jean Rousselot (et à quelques autres), édi­tion éta­blie et anno­tée par Anna Tüskés.

 

            La pre­mière par­tie, inti­tu­lée "La Poésie hon­groise entre Seine et Danube", écrite par Christophe Dauphin est très inté­res­sante par la connais­sance de cette poé­sie et les aléas des rela­tions entre poètes hon­grois et fran­çais. Mais elle pêche diver­se­ment. Tout d'abord par son aspect trop détaillée qui sub­merge le lec­teur de bonne volon­té… Ensuite et sur­tout, par le por­trait tra­cé d'Aragon. Si Louis Aragon (avec Éluard et Tzara) est pré­sen­té comme un vieil ami de Gyula Illyés, l'image qui se dégage glo­ba­le­ment du por­trait qu'en fait Christophe Dauphin est celui d'un sta­li­nien pur et dur qui, "à l'instar de Guillevic [a] approu­vé l'invasion sovié­tique et l'écrasement de la révo­lu­tion de 56". C'est que Dauphin pri­vi­lé­gie Jean Rousselot, "ancien trots­kiste et tou­jours socia­liste", un Rousselot qui sert de repous­soir à Aragon. Une cita­tion, une seule : "Louis Aragon, qui a approu­vé tous les actes de l'URSS depuis le pacte ger­ma­no-sovié­tique, […], sou­tient l'intervention russe à Budapest" 5. Dauphin qui ne peut s'empêcher d'égratigner Aragon, Benjamin Péret à l'appui par une cita­tion du Déshonneur des poètes… Dauphin qui oublie que le pam­phlet de Benjamin Péret (publié en 1945) parle d'une "petite pla­quette parue récem­ment à Rio de Janeiro" alors que L'Honneur des poètes parais­sait clan­des­ti­ne­ment en 1943… et que Benjamin Péret pré­sen­tait déjà à l'époque (1945) Aragon comme "habi­tué aux amens et à l'encensoir sta­li­nien", expres­sion que Dauphin emprunte à Benjamin Péret sans citer ses sources (p 68).  C'est oublier beau­coup de faits. Olivier Barbarant écrit en 2007, à l'année 1956 de la chro­no­lo­gie du tome II des Œuvres Poétiques com­plètes d'Aragon, que Les Lettres fran­çaises publièrent un com­mu­ni­qué adres­sé au pré­sident Kadar lui deman­dant de pro­té­ger les écri­vains hon­grois mena­cés par la répres­sion, que le même heb­do­ma­daire publia fin novembre l'article d'Elsa Triolet ren­dant compte des choix faits par elle et Aragon et condam­nant ceux qui veulent "tirer leur épingle du jeu quand amis et cama­rades subissent l'opprobre… Ne son­geant à rien d'autre qu'à se dis­cul­per per­son­nel­le­ment, qu'à se faire par­don­ner d'avoir cru". Le verbe croire fait écho à ces vers de La Nuit de Moscou : "Quoi je me suis trom­pé cent mille fois de route /​ Vous chan­tez les ver­tus néga­tives du doute /​ Vous van­tez les che­mins que la pru­dence suit…" Oui, reli­sons Olivier Barbarant qui note qu'Aragon durant l'année 1956 "se tient à l'écart des pro­tes­ta­tions, défend dans les dis­cus­sions la ligne du par­ti et confie à sa poé­sie la recherche d'une expres­sion per­ti­nente de sa pen­sée" 6. Il faut (re)lire Le Roman inache­vé, les choses sont beau­coup plus com­plexes …

 

            Les Douze poètes hon­grois (tra­duits par Ladislas Gara et adap­tés par Jean Rousselot) sont pré­cé­dés d'un Portait de Ladislas Gara en por­teur de feu dû à Christophe Dauphin, Ladislas Gara étant le maître d'œuvre de l'Anthologie de la Poésie hon­groise du XIIème siècle à nos jours (publiée en 1962). Ce por­trait est plu­tôt hagio­gra­phique : Christophe Dauphin cite André Farkas qui écrit "Le 6 mars 2013 […] notre nou­velle Hongrie démo­cra­tique rachète la faute des trois régimes pré­cé­dents"… Passons sur le terme faute qui sent l'eau bénite. S'il n'est pas ques­tion de nier ou de sou­te­nir les erreurs de ces régimes ni ce qui s'est pas­sé en 1956, on s'étonnera quand même de cette "nou­velle Hongrie démo­cra­tique" ! En 2013, c'est Viktor Orbán qui est pre­mier ministre et la Hongrie est deve­nue un pays très conser­va­teur, pour ne pas dire plus. Il faut attendre une note (en bas de la page 103) pour qu'il dise clai­re­ment que l'anthologie fut finan­cée par une ins­ti­tu­tion éta­su­nienne  qui rece­vait des sub­sides de la CIA ! C'est ain­si que Rousselot, Éluard et Guillevic virent, à leur insu, leurs tra­duc­tions édi­tées grâce à l'anticommunisme de la CIA ! Au tra­vers de cette étude, c'est une concep­tion de la tra­duc­tion qui trans­pa­raît. Christophe Dauphin n'épargne pas au lec­teur les riva­li­tés et les jalou­sies des écri­vains hon­grois, l'exemple des rela­tions entre Ladislas Gara, d'une part, et Tibor Déry ou Géza Ottlik, d'autre part, est exem­plaire même si Dauphin avoue son igno­rance quant à savoir s'il s'agissait là d'une ins­tru­men­ta­li­sa­tion ou non…

            Le choix de textes de ces douze poètes est d'un inté­rêt his­to­rique cer­tain mais ne rend pas compte de la richesse de la poé­sie hon­groise puisqu'il ne donne à lire que des auteurs, pour la plu­part, de la pre­mière moi­tié du XXème siècle. La lec­ture de l'anthologie de Gara demeure donc néces­saire (encore faut-il la trou­ver). Mais, l'écart entre la langue hon­groise et la fran­çaise étant ce qu'il est, on peut faci­le­ment ima­gi­ner la dif­fi­cul­té qui fut celle de Rousselot lors de son adap­ta­tion : les poèmes (de la p 117 à la p 156) sont sou­vent écrits en vers comp­tés, rimés ou asso­nan­cés : on  aurait aimé avoir sous les yeux la tota­li­té de la post­face de Gara à l'anthologie, "La tra­duc­tion de la poé­sie hon­groise et ses pro­blèmes"

 

            Les troi­sième et qua­trième par­ties sont consa­crées à deux écri­vains qui ont beau­coup don­né à la lit­té­ra­ture et à la poé­sie hon­groise : l'un, en France, pour mieux faire connaître les poètes de ce petit pays, Jean Rousselot, et l'autre, en Hongrie, Gyula  Illyés… Dans les deux cas, Christophe Dauphin écrit une bio­gra­phie des deux poètes (dans la droite ligne de ses pré­cé­dents textes, juge­ments expé­di­tifs contre Aragon en moins) avant de don­ner à lire un choix de leurs poèmes res­pec­tifs, les poèmes hon­grois pour Rousselot et sept poèmes pour Illyés dont le célèbre Une phrase sur la tyran­nie qu'on peut lire aujourd'hui en ayant pré­sent à l'esprit la tyran­nie du mar­ché qui jus­ti­fie toutes les entorses à la morale. L'Histoire s'invite dans ces poèmes, leur fai­sant cou­rir le risque d'être par­fois didac­tiques…

            La cin­quième par­tie est un essai d'Anna Tüskés, "Jean Rousselot et la poé­sie hon­groise", qui est en fait un mémoire écrit en 2004 à la fin de ses études uni­ver­si­taires. Le titre indique bien l'objet de ce mémoire. Anna Tüskés passe en revue tous les tra­vaux de Jean Rousselot qui témoignent de son atta­che­ment à la culture hon­groise en géné­ral et de la connais­sance qu'il s'est don­née de la lit­té­ra­ture de ce pays. La date char­nière dans le tra­vail de popu­la­ri­sa­tion de la poé­sie hon­groise en France de Rousselot semble bien être le décès de Ladislas Gara en 1966 : l'activité de Rousselot est intense avant 1966, mais après la dis­pa­ri­tion de Gara, "Rousselot n'a plus eu d'aide pour la tra­duc­tion. Ses adap­ta­tions d'œuvres hon­groises en fran­çais se sont raré­fiées". Anna Tüskés met aus­si en évi­dence le tra­vail de Jean Rousselot pour rendre compte de l'intensité de la vie cultu­relle hon­groise au milieu des années 60 et il n'est pas inter­dit de se deman­der s'il en tou­jours de même aujourd'hui. Autre point qui mérite d'être rele­vé dans l'étude d'Anna Tüskés, ce sont les réflexions de Rousselot sur les pro­blèmes de la tra­duc­tion de la poé­sie hon­groise : Anna Tüskés n'hésite pas à don­ner un exemple de deux tra­duc­tions dif­fé­rentes de la même strophe d'un poème de Vörösmary (pp 249 & 250). Ce qu'il faut sur­tout rete­nir, c'est le prin­cipe d'une tra­duc­tion "pour le sens" par un tra­duc­teur maî­tri­sant les deux langues sui­vie d'une "adap­ta­tion" par un poète fran­çais. C'est ain­si que Guillevic fut par­ti­cu­liè­re­ment remar­qué pour sa mise en fran­çais de poèmes hon­grois, alors qu'il igno­rait cette langue…. De même, Jean Rousselot s'étonne du tirage d'un recueil de poèmes en Hongrie (1200 exem­plaires pour un débu­tant, 10000 pour un poète recon­nu) alors qu'en France ce même tirage est ridi­cu­le­ment faible : qui s'est ali­gné sur qui en 2015 ? Cette étude est sui­vie des lettres de Rousselot à Gyula Illyés sui­vies de quelques mis­sives adres­sées par le poète fran­çais à cinq autres hommes de lettres hon­grois, l'étude s'appuyant aus­si sur une ana­lyse de cer­taines des lettres de Rousselot à Illyés… C'est la sixième par­tie de l'ouvrage. Les lettres et les cartes pos­tales de Jean Rousselot à Gyula Illyés sont inté­res­santes car elles per­mettent de suivre le che­mi­ne­ment des tra­vaux "hon­grois" du poète fran­çais chez Gallimard, Seghers et autres édi­teurs fran­çais au-delà de l'amitié, de l'affection entre les deux familles. Elles donnent aus­si d'utiles ren­sei­gne­ments sur le fonc­tion­ne­ment du sys­tème édi­to­rial fran­çais : c'est ain­si qu'un édi­teur veut bien réa­li­ser un ouvrage à ses frais mais demande que l'auteur l'aide à le vendre !  Le texte de plus de cent lettres et cartes est ain­si don­né à lire et offre d'utiles ren­sei­gne­ments sur le tra­vail de Jean Rousselot et sur l'édition de poé­sie en France…

 

            Pour conclure, il faut lire ce livre pour ce qu'il nous apprend sur les rela­tions fran­co-hon­groises au milieu du siècle der­nier (jusqu'en 1966, date de la dis­pa­ri­tion de Gyula Illyés), sur les pro­blèmes de tra­duc­tion du hon­grois… tout en se méfiant de l'image d'Aragon qui y est don­née. Si le sta­li­nisme fut cri­mi­nel, ce n'est pas une rai­son pour condam­ner tous ceux qui l'ont com­bat­tu après avoir décou­vert sa véri­table nature, sans rien renier de leur enga­ge­ment ni de leurs idées. Ce qu'oublie Dauphin, c'est ce qu'Aragon écri­vait dans Le Roman inache­vé ; c'est oublier encore qu'Aragon disait qu'il déchi­rait sa carte du par­ti le soir et la repre­nait le len­de­main matin ! Les choses pour­raient être claires et ces­se­raient d'empoisonner la dis­cus­sion et des textes dignes d'intérêt comme ceux qui sont conte­nus dans ce livre. Et puis, je ne peux m'empêcher de pen­ser à ce que Pierre Garnier m'écrivait en 2004 : "… je ne veux pas me trou­ver clas­sé avec les cri­tiques veni­meux d'Aragon (encore aujourd'hui, ce qui est extra­or­di­naire, alors que l'URSS a dis­pa­ru, que le com­mu­nisme est à réin­ven­ter…) " 7. Mais je m'éloigne sans doute des Orphées du Danube

 

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Notes :

 

1. In L'ombre que les loups emportent (Poèmes 1985-2000). Anthologie, Les Hommes sans Épaules édi­tions, 476 pages, 2012. (p 280).

Si la mort de Staline pro­voque chez Aragon la rédac­tion d'un article paru dans Les Lettres fran­çaises du 12 mars 1953, l'affaire du por­trait de Staline par Picasso explique beau­coup de choses… Le lec­teur inté­res­sé pour­ra lire, dans le tome XII (1953-1956) de L'Œuvre poé­tique (Livre Club Diderot, 1980 pour ce tome) un dos­sier aus­si com­plet que pos­sible sur cette affaire du por­trait (pp 472-500). Mais il y a plus et mieux (si l'on peut dire) : Éluard n'a jamais écrit une Ode à Staline. On peut trou­ver dans les Œuvres com­plètes d'Éluard (Bibliothèque de la Pléiade, tome II, 1968, pp 351-352) un poème inti­tu­lé Joseph Staline. C'est ain­si qu'est née la "légende". L'Ode à Staline se réduit sur inter­net à 12 vers de ce poème, bien réel, repris dans Hommages, une pla­quette parue en 1950. Ces 12 vers cor­res­pondent aux vers 25 à 32 sui­vis des vers 15 à 18 du poème (sur le site de Ph Sollers – consul­té le 12 décembre 2015 – qui pré­sente, par ailleurs, le site Médiapart comme hit­lé­ro-trots­kiste [ ! ] ). Mais sur d'autres sites, les vers 25 à 32 sont répé­tés avec une légère variante. Quant au second vers de Dauphin cité avant l'appel de note, il fait pen­ser à celui d'Ossip Mendelstam : "Quand sa mous­tache rit, on dirait des cafards" (tra­duc­tion fran­çaise) dans un poème évo­quant la vie en URSS sous Staline… Il faut rendre à César ce qui est à César… Même si le poème de Paul Éluard appa­raît bien naïf aujourd'hui et inad­mis­sible : rap­pe­lons que "ce poème est le com­men­taire que Paul Éluard inter­pré­ta lui-même pour le film L'Homme que nous aimons le plus, réa­li­sé pour le 70ème anni­ver­saire de Staline". Rappelons éga­le­ment que "le frag­ment qui va du 3ème vers de cette troi­sième strophe jusqu'au der­nier vers de la qua­trième (or dans l'édition de la Pléiade, le poème compte 5 sizains et 1 dis­tique, d'où cette ques­tion : y a-t-il une erreur dans la note ?) strophe a été publié dans L'Humanité-Dimanche, en novembre 1949". (notes de la page 1125 de ce tome II des Œuvres com­plètes d'Éluard). D'où peut-être les copies fau­tives qu'on trouve sur inter­net, les ani­ma­teurs de ces sites n'ayant pas pris la peine de lire Hommages, semble-t-il… En tout cas, la pré­ten­due Ode à Staline ne cor­res­pond pas à cette der­nière note ni au poème d'Hommages, il suf­fit de com­pa­rer les deux textes de Paul Éluard.

2. Aragon, Le Roman inache­vé. In Œuvres Poétiques com­plètes, Bibliothèque de la Pléiade, 2007, tome II, p 252.

3. Étiemble, pré­face à Aragon, Le Roman inache­vé, Poésie/​Gallimard, 1966, p 9.

4. Idem, p 12

5. Il faut (re)lire l'étude de François Eychart, "L'Affaire des avions sovié­tiques en 1940" et ses annexes dans Les Annales de la Salaet n° 5 (2003), pp 134-155…

Dauphin ne paraît s'intéresser qu'au seg­ment de la vie d'Aragon qui va de son adhé­sion au PCF jusqu'à l'écrasement de la Révolution de Budapest en 1956 par les forces armées sovié­tiques. C'est "oublier" le "Moscou la gâteuse" d'Aragon d'octobre 1924 (dans le pam­phlet contre Anatole France, Un Cadavre, for­mule sur laquelle revien­dra Aragon en jan­vier 1925 : "La Révolution russe ? Vous ne m'empêcherez pas de haus­ser les épaules. À l'échelle des idées, c'est tout au plus une vague crise minis­té­rielle") et son évo­lu­tion qui com­mence (semble-t-il) avec la rédac­tion de La Nuit de Moscou… Toute la com­plexi­té des rela­tions entre le sur­réa­lisme et le com­mu­nisme est là, mais aus­si toute la com­plexi­té d'Aragon. Du côté sur­réa­liste, l'évolution ira jusqu'au trots­kisme, du côté d'Aragon l'évolution condui­ra au com­mu­nisme. Mais la deuxième guerre mon­diale et le déve­lop­pe­ment du sta­li­nisme vont rebattre les cartes.

6. In Œuvres Poétiques com­plètes, tome II, p XIII.

7. Poésie Nationale : La que­relle Pierre Garnier-Louis Aragon, in Faites Entrer L'Infini n° 39 (juin 2005), p 18.

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