> Horia Badescu, Le poème va pieds nus

Horia Badescu, Le poème va pieds nus

Par |2018-01-02T09:49:14+00:00 27 novembre 2017|Catégories : Critiques, Horia Badescu|Mots-clés : |

Le poème va pieds nus est sans doute le recueil le plus émou­vant d’Horia Badescu car c’est une leçon de modes­tie, d’acceptation du monde sans révoltes inutiles et de la fin iné­luc­table. Un poème dont voi­ci les pre­miers vers résume admi­ra­ble­ment la posi­tion de l’auteur : “D’un autre­fois /​ qui avant de deve­nir /​ ce qu’il n’est plus /​ avait été un pré­sent”. Mais ce n’est pas pure pas­si­vi­té ; un poème inti­tu­lé “Art poé­tique” exprime par­fai­te­ment sa phi­lo­so­phie : “Écrire sur une feuille /​ Le doigt trem­pé dans la rosée, /​ comme tu embras­se­rais /​ le ventre de ta femme /​ avant qu’elle enfante”. Car la vie -si on en connaît la fin- est avant tout trans­mis­sion. Ce qui passe par une vive conscience de la peti­tesse de l’homme dans l’univers : “trop froids /​ pour brû­ler, /​ trop petits /​ pour éclai­rer.” (in “La leçon d’astronomie”). La poé­sie dès lors devient “bou­gie au tré­fonds du noir” qui emporte le poète… J’ignore si les mots savent qui ou quoi ils sont (p. 30) mais les poèmes de Badescu me parlent qui vont à la recherche de la mémoire du silence.

Horia Badescu, Le Poème va pieds nus,
L’Arbre à paroles édi­teur, 80 pages, 10 €. 

Au-delà du reli­gieux dont je n’ai que faire, qui m’indiffère (faut-il le rap­pe­ler ?), ce qui retient mon atten­tion, c’est “le poème /​ qui com­mence à par­ler” (p 35). Poèmes plu­tôt répé­ti­tifs : est-ce la rési­dence qui veut ça ? On a l’impression d’un exer­cice impo­sé sur­tout que Horia Badescu dit dans un poème, en termes élo­gieux, tout le bien qu’il pense de la Wallonie (p 70) …

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Lucien Wasselin

Il a publié une ving­taine de livres (de poé­sie sur­tout) dont la moi­tié en livres d’artistes ou à tirage limi­té. Présent dans plu­sieurs antho­lo­gies, il a été tra­duit en alle­mand et col­la­bore régu­liè­re­ment à plu­sieurs pério­diques. Il est membre du comi­té de rédac­tion de la revue de la Société des Amis de Louis Aragon et Elsa Triolet, Faîtes Entrer L’Infini, dans laquelle il a publié plu­sieurs articles et études consa­crés à Aragon.

A signa­ler son livre écrit en col­la­bo­ra­tion avec Marie Léger, Aragon au Pays des Mines (sui­vi de 18 articles retrou­vés d’Aragon), au Temps des Cerises en 2007.
Il est aus­si l’auteur d’un Atelier du Poème : Aragon/​La fin et la forme, Recours au Poème édi­teurs.

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