> Fil de lecture de Lucien Wasselin : Le Castor Astral a quarante ans

Fil de lecture de Lucien Wasselin : Le Castor Astral a quarante ans

Par |2018-08-14T08:43:01+00:00 3 novembre 2015|Catégories : Critiques|

 

Le Castor Astral fête cette année ses 40 ans d'existence pen­dant les­quels plus de 1000 livres ont été publiés. Belle lon­gé­vi­té en un temps où les édi­teurs dis­pa­raissent aus­si vite qu'ils sont nés. À l'origine de cette mai­son, Jean-Yves Reuzeau et Marc Torralba, alors étu­diants en "car­rières du livre", qui conti­nuent à ani­mer l'aventure, à Paris pour le pre­mier, à Bordeaux pour le second. Le Castor Astral édite avec pas­sion des auteurs qui se situent en dehors des auto­routes de la ren­ta­bi­li­té finan­cière. Un Fil de lec­tures s'imposait pour cet anni­ver­saire ! Avec trois poètes très dif­fé­rents : François de Cornière, Jean-Luc Steinmetz et Marc Alyn…

 

François de Cornière : Nageur du petit matin.

 

Nageur du petit matin est, après vingt ans de silence, une sorte de jour­nal de bord, le jour­nal de la mala­die qui a fini par empor­ter la femme aimée, un vrai jour­nal avec ses moments et ses nota­tions pré­cises comme s'il fal­lait ne rien oublier. Même si l'on sait que la mémoire est oublieuse. Mais la vie, c'est aus­si nager et se sou­ve­nir, avec ses trous ; la sur­vie c'est écrire "la suite d'une his­toire finie". Nageur du petit matin est le livre d'une renais­sance où rien n'est plus pareil…

Il y a tou­jours eu chez François de Cornière le bon­heur et ce quelque chose en lui qui le fait res­sem­bler à son contraire et qui lui donne tout son prix. Ce n'est pas le mal­heur mais la vive conscience de la fini­tude de ces ins­tants heu­reux qui lui fait écrire, déjà dans Objets per­dus (Le Pavé, 1882) : "et la jeu­nesse sur le gra­vier /​ qui dérape imman­qua­ble­ment /​ du côté des objets per­dus" ou dans Tout doit dis­pa­raître (Le Dé bleu, 1984) : "la ter­rible et mer­veilleuse insuf­fi­sance des mots /​ qui cogne dans nos poi­trines /​ où nous ser­rons la vie"C'est parce que cette conscience de l'éphémère qui est notre règle est pré­sente très tôt dans sa poé­sie que celle-ci est inou­bliable. C'est ce que le lec­teur retrouve dans Nageur du petit matin : cette "vague inquié­tude : /​ une his­toire inache­vée /​ sur la marche du bas". Il arrive un moment où la vie se conjugue au pas­sé, où le pré­sent rétré­cit sans cesse. C'est ce moment que capte ici François de Cornière avec une grande sim­pli­ci­té qui masque mal un côté savant (mais sans pré­ten­tion) comme cette réfé­rence à l'écrivain amé­ri­cain Carver, "La vitesse fou­droyante du pas­sé", qui dit tout de la vie et du bon­heur… Ultime rem­part contre la sen­si­ble­rie ? Soubresaut de pudeur ? François de Cornière a l'art de cer­ner ce point du temps où tout pour­rait bas­cu­ler mais où tout a déjà som­bré : "je nage ce matin /​ […] /​ comme un qui veut gagner /​ – et se perdre avant toi". Façon d'agir sur le cours des choses beau­coup plus que lâche­té devant l'inéluctable car François ne manque pas de cou­rage. Arrêter tout, en croyant encore au bon­heur éven­tuel un bref ins­tant, celui où l'on n'a pas encore ouvert "les résul­tats /​ de ta der­nière prise de sang". Se dit alors avec une pudeur extrême la dou­leur du poète. Les larmes montent aux yeux du lec­teur à l'image d'Aragon qui avoue avoir pleu­ré quand il avait vu le film d'Agnès Varda, Le Bonheur… Les poèmes qui décrivent le séjour de Sophie dans un centre de soins pal­lia­tifs sont insup­por­tables. Le "bon cou­rage" de l'infirmière lors du décès de cette der­nière, dans son inuti­li­té totale (mais que dire ?), arrache des larmes. La mort est hor­rible, mais elle sait être digne, comme ici. François de Cornière dit l'absence comme jamais : "Sur les pho­tos que j'ai envoyées /​ aux enfants /​ on ne peut pas me voir /​ nager au loin". Reste à conti­nuer de vivre, sinon à sur­vivre : nager devient un défi. Mais ce vers "Je marche au bord de toi" contient toute la dou­leur de la sur­vie sans l'être aimé.

Écrit dans une langue simple, sans recherche (tout au plus pra­tique-t-il avec un bon­heur constant l'art de la chute, allonge-t-il à l'occasion la strophe), le recueil est une par­faite illus­tra­tion de la poé­sie du quo­ti­dien, dans des cir­cons­tance tra­giques qui lui per­mettent de don­ner le meilleur de lui-même (et d'éviter les pon­cifs du genre dans les­quels il n'est jamais tom­bé). Une poé­sie, qu'on l'aime ou non, avec laquelle il faut comp­ter si l'on veut avoir une vision pré­cise de l'écriture contem­po­raine de ces der­nières décen­nies. François de Cornière dit par­fai­te­ment la fra­gi­li­té de l'existence et, à sa façon, la néces­si­té de la poé­sie. Si vivre après la dis­pa­ri­tion de l'aimé(e), c'est "écrire la suite d'une his­toire finie", la vie est alors sur "la corde raide", c'est le tra­jet qui mène de "la venelle aux champs" à "l'avenue de Baulieu". Car : "pas revoir c'est aimer tou­jours. /​ Et écrire encore."

 

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Jean-Luc Steinmetz : Vies en vues.

 

 

Quatre suites se suc­cèdent en vers plus ou moins longs, tan­tôt libres, tan­tôt rimés (occa­sion­nel­le­ment pour l'œil comme empuse /​ heu­reuse) ou asso­nan­cés (Jean-Luc Steinmetz s'accommode très bien de l'assonance quand le sens l'y oblige), rare­ment comp­tés, si rare­ment même que le lec­teur se demande si ce n'est pas alors l'effet du hasard…

Dans la pre­mière suite, Points de suture, Jean-Luc Steinmetz ana­lyse de petits faits, de petites sen­sa­tions… Il faut faire l'effort de le suivre pour appré­cier plei­ne­ment ces vers : "Plus bas, une flaque s'est mise à reflé­ter le ciel /​ avec autant d'insistance /​ qu'elle en tra­verse la terre". D'autant plus que le sou­ci d'écrire vient se mêler à cette atti­tude face au réel. Ce qui vaut au lec­teur de beaux poèmes, même si le réel ne devient jamais tota­le­ment trans­pa­rent. Ce qui l'amène aus­si à s'interroger : "… Un livre vaut-il un homme qui main­te­nant /​ marche, après l'avoir fait ?". Venise tra­verse fugi­ti­ve­ment un poème ou deux alors que Monteverdi (qui pas­sa les trente der­nières années de sa vie dans la Sérénissime) agit comme une réponse à ces allu­sions. Ce jeu de reflets éphé­mères ne faci­lite pas la lec­ture : que com­prendre, que sai­sir de ces réfé­rences ? Mais curieu­se­ment, le lec­teur, s'il ne sait pas répondre pré­ci­sé­ment à ces ques­tions, ne reste pas coi : il crée du sens et se retrouve fina­le­ment dans un uni­vers qui ne le déso­riente pas.

La deuxième suite, Retours sur images, bel exemple de poé­sie nar­ra­tive, est consa­crée aux amours de jeu­nesse sans que l'on sache s'il s'agit vrai­ment de sou­ve­nirs per­son­nels. Non sans humour, les dis­tiques décrivent les pre­miers émois amou­reux en fai­sant inter­ve­nir de nom­breux écri­vains, poètes ou non, dont Jean-Luc Steinmetz est le "spé­cia­liste" (Rimbaud, Lautréamont, Mallarmé…) ou en les loca­li­sant dans des régions liées à des poètes (Les Ardennes pour Rimbaud, Sète pour Valéry). Voilà qui éveille la curio­si­té du lec­teur. La mélan­co­lie qui sourd de ces évo­ca­tions est ren­for­cée par la mort de l'amoureuse de la pièce VII. Cette sec­tion par sa tona­li­té nos­tal­gique est très pre­nante.

Comme Francis Ponge écri­vait des proèmes (mot-valise for­gé par le rap­pro­che­ment de prose et de poème), comme François Laur écrit des pro­sèmes (l'idée est la même), Jean-Luc Steinmetz écrit, à l'occasion d'un voyage en Inde (à Bénarès, sur les berges du Gange, plus pré­ci­sé­ment) des notèmes qui sont des sortes de notes de voyages en vers : "Les vaches, tra­ver­sant la rue avec indif­fé­rence, /​ arrêtent la cir­cu­la­tion auto­mo­bile /​ par leur majes­té agri­cole". Il s'agit pour lui d'immortaliser (?) ce qu'il a vu. Le lec­teur ne s'étonnera donc pas de lire la des­crip­tion d'une cré­ma­tion rituelle (l'idée de la mort revient sou­vent dans ces notèmes) ni celle de la misère des habi­tants de la ville… Mais il s'étonnera de la culture de Steinmetz qui emploie régu­liè­re­ment les mots Ghât ( ensemble de marches ou de gra­dins sur les rives des cours d'eau, le plus sou­vent des fleuves sacrés comme le Gange) ou parèdre (une divi­ni­té sou­vent infé­rieure asso­ciée à un dieu plus influent)… À noter aus­si que Vanarasi, qui donne son titre à cette suite, est l'autre nom de Bénarès, ce qui dénote chez Jean-Luc Steinmetz une bonne connais­sance de l'Inde.

Les Lettres à plu­sieurs, la der­nière série, sont des mes­sages "envoyés" à plu­sieurs poètes, vivants ou dis­pa­rus. Lucidité et ami­tié. Lucidité quand Jean-Luc Steinmetz affirme dans sa lettre À Christian Prigent : "Le réel nous a éloi­gnés ; ses deux syl­labes ont la vie dure /​ Que j'y voie encore des ailes, est-ce motif de for­fai­ture ?" ou encore : "J'avais, avec un bras­sard blanc, fait ma pre­mière com­mu­nion. /​ Toi tu dis­tri­buais L'Huma et pour la paix lâchais des bal­lons. /​ Bien peu de chances sub­sis­taient pour qu'on se ren­contre à Rennes." L'amitié : c'est toute la lettre À Jacques qui, par les sou­ve­nirs qui y sont pré­sen­tés, en est l'incarnation. Le ton volon­tiers élé­giaque de ces Lettres à plu­sieurs trouve sans doute son ori­gine dans le mélange d'ancien et de moderne que se plaît à reven­di­quer Jean-Luc Steinmetz…

Vies en vues est une belle leçon de liber­té et de poé­sie par le mélange des formes !

 

 

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Marc Alyn, Proses de l'intérieur du poème.

 

 

 

En 2011 le Castor Astral réédi­tait sous le titre de La Combustion de l'Ange, les poèmes en vers que Marc Alyn avait publiés de 1956 à 2011. Et en 2015, c'est au tour des poèmes en prose sous le titre de Proses de l'intérieur du poème. Ce recueil reprend les Cruels diver­tis­se­ments, Le Miel de l'abîme, Le Tireur iso­lé et, sous le titre Proses à l'intérieur du poème, des inédits dont cer­tains ont été pré-publiés en revue (La Nouvelle Revue Française ou Phoenix). C'est donc l'intégrale des poèmes en prose (publiés ou non) par Marc Alyn de 1957 à 2015. Mais l'ouvrage s'ouvre par une pré­face de Pierre Brunel (pro­fes­seur émé­rite en lit­té­ra­ture com­pa­rée dans une uni­ver­si­té pari­sienne depuis son départ à la retraite en 2008) qui rend dif­fi­cile la tâche du cri­tique ! Préface savante par ses réfé­rences à de nom­breux auteurs du XIXème siècle dont Brunel est le spé­cia­liste… Tout donc semble dit de ce livre de Marc Alyn dans ces 25 pages de Pierre Brunel qu'il faut lire au moins deux fois : la pre­mière avant la lec­ture des poèmes en prose de Marc Alyn pour main­te­nir l'attention en éveil et la seconde, après les avoir lus, pour véri­fier (?) ses impres­sions de lec­ture autant que les asser­tions de Pierre Brunel en confron­tant les deux. Mais le lec­teur est-il aus­si savant que Pierre Brunel ?

Cruels diver­tis­se­ments est en constante expan­sion, aux poèmes de la pre­mière édi­tion (Seghers, 1957) s'ajoutent des textes ulté­rieurs ici repris. Marc Alyn est fas­ci­né par la dis­pa­ri­tion du monde que la prose poé­tique réin­vente. Dès le début, la ville dis­pa­raît, sub­mer­gée par son double sou­ter­rain, obs­cur. Puis avec Mon point de vue sur l'espace, c'est à la mort de l'espace que le lec­teur assiste, la "déri­sion de l'étendue" écrit Alyn, ou encore : "l'infini […] se condense au cœur d'un point […] infime". Même la reli­gion est tour­née en déri­sion (autre forme de la dis­pa­ri­tion) dans Lui… L'Histoire est revue et cor­ri­gée (l'exécution de Mata-Hari, la folie construite par le Grand Intendant du roi…) par la fan­tai­sie et le fan­tas­tique, c'est dire que l'Histoire offi­cielle s'enfonce dans l'oubli. La forme aus­si sym­bo­lise la dis­pa­ri­tion du monde : "Les mots enfin désertent à leur tour et la ville tout entière devient texte fluide". Ailleurs c'est le silence, un monde qui s'éteint, les traits et les traces qui s'effacent, la capi­tale qui devient ville morte… Si le pré­fa­cier a rai­son de signa­ler les jeux de mots (L'exécution sen­ti­men­tale, la man­tille reli­gieuse, lagune/​langue…), ce qui prime c'est bien l'effacement d'un monde auquel l'habitude lie le lec­teur…

C'est sans doute faci­li­tés que de pro­po­ser comme clef de lec­ture l'effacement du monde. Mais avec une écri­ture carac­té­ri­sée par l'onirisme et le fan­tas­tique, est-il pos­sible de faire autre­ment ? Le reste du livre se dis­tingue par la richesse du style tant dans les méta­phores, le choix des mots que dans les expres­sions, la façon d'abouter les termes… Cela ne va pas sans une cer­taine obs­cu­ri­té d'ailleurs avouée par le poète : "Nous hono­rions le mys­tère plus que le savoir…" Mais les vocables actuels sont légion : syn­thé­ti­seurs, clônes, auto­mates, samiz­dat, col­la­té­raux, machi­ne­ries et, même, délits d'initiés… On a par­fois l'impression de lire des trans­crip­tions de rêves où se mêlent l'alchimie et les tech­niques modernes, l'ancien et le nou­veau… Le som­meil, ce pla­giat de la mort (comme le désigne Marc Alyn) est peu­plé de rêves : "des fauves à cri­nière rousse [y] erraient en fili­grane, cher­chant qui dévo­rer". Marc Alyn semble s'adresser à la part obs­cure de l'homme ; ce qui expli­que­rait sa posi­tion de 1955 quand il accueille dans sa revue Terre de feu le mani­feste de Pierre Garnier (dont il est co-signa­taire) Défense de la Poésie (À pro­pos d'une Poésie Nationale) qui est une attaque en règle contre Aragon et sa concep­tion d'alors de la poé­sie 1. On peut sup­po­ser que Marc Alyn, s'il s'oppose ain­si fron­ta­le­ment à Aragon, c'est qu'il entend ne pas réduire l'homme à sa dimen­sion sociale, mais bien pri­vi­lé­gier ce que Bernard Mazo appelle "la part pro­fonde et nue [en l'individu] qui recèle quelque nos­tal­gie de l'absolu" 2. Le débat reste ouvert… Mais le rêve se fait par­fois éveillé comme dans Les Plaisirs du bain (poème qu'on peut lire dans Des opé­ras cré­pus­cu­laires, la troi­sième sec­tion de Le Miel de l'abîme), qui fait pen­ser au tableau de David, La Mort de Marat. Marc Alyn se ser­vi­rait du poème en prose pour revi­si­ter l'Histoire. Ailleurs, c'est une vision hal­lu­ci­née du réel que découvre le lec­teur comme avec Bruges vue dans Un échi­quier de brume.

C'est le même lyrisme flam­boyant que l'on découvre dans Le Tireur iso­lé. L'écriture de Marc Alyn est en dehors des modes : "Il tra­ver­sait des ossuaires de formes gor­gées de spectres déver­gon­dés, et des pay­sages velus, sour­cilleux, infes­tés de créa­tures nui­sibles et de ruraux tueurs de temps". Ce n'est pas le moindre charme de cette poé­sie. Le lec­teur, confron­té à ce point de vue aty­pique sur la lit­té­ra­ture et la poé­sie, devient un pas­sant éga­ré selon la belle for­mule qu'emploie le poète dans Io. Dans les inédits regrou­pés en fin de volume, Marc Alyn conti­nue d'exploiter la même veine illus­trant ain­si ce genre spé­ci­fique que sont ces Proses de l'intérieur du poème . C'est à un véri­table voyage à tra­vers l'histoire de la lit­té­ra­ture qu'est convié le lec­teur, un voyage han­té par des mythes comme le nœud gor­dien, Babel ou le Graal et des per­son­nages de légende comme la reine Arachnide, la Sybille, l'Hermite des tarots, Barbe-Bleue ou Lazare : façon de faire sym­bo­li­que­ment un nœud à sa mémoire ?

 

 

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Reste à sou­hai­ter au Castor Astral de conti­nuer ain­si long­temps en publiant des livres de poé­sie aus­si divers et aty­piques que les trois ici rapi­de­ment pré­sen­tés. C'est tout le mal qu'on peut sou­hai­ter à ses ani­ma­teurs en ce qua­ran­tième anni­ver­saire !

 

 

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Notes

 

1. Voir mon dos­sier paru dans le n° 39 de Faites Entrer L'Infini (juin 2005).

2. Bernard Mazo, note de lec­ture de "Anthologie poé­tique amou­reuse" de Marc Alyn, in Texture, revue en ligne.

 

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