> Michel Dvorak, Vers le cœur lointain

Michel Dvorak, Vers le cœur lointain

Par |2018-05-13T20:06:32+00:00 5 mai 2018|Catégories : Critiques, Michel Dvorak|

Qui n’a déjà éprou­vé la sen­sa­tion d’être étran­ger au monde ? Michel Dvorak pose de bonnes ques­tions qui res­tent sans réponses. À quoi il faut ajou­ter des visions insi­gni­fantes (comme voir un champ de pierre dans le nord de l’Irlande ou un enter­re­ment de lin­ceuls en Palestine). 

Michel Dvorak : « Vers le cœur loin­tain ». Rougerie édi­teur, Préface de Marie Huot, 64 pages, 12 euros.

Voilà qui en dit long sur l’épaisseur de ces poèmes, sur leur obs­cu­ri­té, sur le mys­tère qui s’en dégage. Michel Dvorak ne manque ni d’humour, ni d’imagination : proses et vers se mêlent dans dans ce recueil tant que c’est une vraie réus­site. Chroniques des évè­ne­ments et de quelques phé­no­mènes ordi­naires (qui court sur quatre pages) ne manquent pas son objec­tif. J’aime le poème s’adressant à Yannis Ritsos, sans doute pour de mau­vaises rai­sons. On a l’impression de mélange des approches… Mais cela ne va pas sans une cer­taine obs­cu­ri­té. Une cer­taine ori­gine (pour ne pas écrire une ori­gine cer­taine) est au ren­drez-vous. C’est écrit dans une langue simple qui n’enlève rien à l’énigme ! Les ques­tions abondent comme si Michel Dvorak était pré­oc­cu­pé du ton énig­ma­tique de ses poèmes (ain­si celui de la page 33 ; Michel Dvorak ne répond à rien, sur­tout pas aux inter­ro­ga­tions du lec­teur : «  Nous qui les croi­sons /​ Et dou­tons du lan­gage /​/​ Evitons de leur par­ler /​ Trop lon­gue­ment » . Mais, hon­nê­te­ment, je ne suis pas sûr d’avoir tout sai­si, tout com­pris car les choses me semblent gra­tuites. Je me trompe peut-être ? Cependant, ce n’est pas une rai­son pour igno­rer ce livre…

 

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Lucien Wasselin

Il a publié une ving­taine de livres (de poé­sie sur­tout) dont la moi­tié en livres d’artistes ou à tirage limi­té. Présent dans plu­sieurs antho­lo­gies, il a été tra­duit en alle­mand et col­la­bore régu­liè­re­ment à plu­sieurs pério­diques. Il est membre du comi­té de rédac­tion de la revue de la Société des Amis de Louis Aragon et Elsa Triolet, Faîtes Entrer L’Infini, dans laquelle il a publié plu­sieurs articles et études consa­crés à Aragon.

A signa­ler son livre écrit en col­la­bo­ra­tion avec Marie Léger, Aragon au Pays des Mines (sui­vi de 18 articles retrou­vés d’Aragon), au Temps des Cerises en 2007.
Il est aus­si l’auteur d’un Atelier du Poème : Aragon/​La fin et la forme, Recours au Poème édi­teurs.

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