> CHIENDENTS n° 109, consacré à Alain MARC.

CHIENDENTS n° 109, consacré à Alain MARC.

Par |2018-02-04T17:50:54+00:00 2 septembre 2017|Catégories : Alain Marc, Revue des revues|

 

 

Alain Marc est né en 1959 et sans doute était-il temps de consa­crer une livrai­son de revue à cette œuvre aty­pique. Alain Marc com­mence par décrire ce qu'il écrit : il a for­gé deux expres­sions, "l'écriture du cri" et "la poé­sie publique", qui ont fait flo­rès depuis ; mais c'est pour mieux affir­mer que tout ce qu'il a écrit et publié relève de ces deux prin­cipes. C'est ain­si qu'il donne de nom­breuses lec­tures publiques : ce n° de Chiendents se ter­mine d'ailleurs par une liste de lec­tures per­for­mées, pour reprendre ses mots. Mais l'essentiel n'est pas là : s'il agré­mente ce n° de quelques lettres, le plus impor­tant réside dans les deux entre­tiens qu'il a accor­dés à Murielle Compère-Demarcy. Si le pre­mier tourne autour de son œuvre ("Une poé­sie publique, cette deuxième expres­sion que j'ai for­gée avec celle d'«écriture du cri » et qui a conduit toute mon écri­ture depuis le début, l'une cor­ri­geant l'autre en quelque sorte, signi­fie pour moi que tout doit être mis en œuvre dès l'écriture pour diri­ger la poé­sie vers le public, en faire un acte public."), le second appro­fon­dit la notion d'écriture du cri ; on peut rele­ver cette affir­ma­tion que l'Histoire confirme : "Il est connu que les pays et périodes tota­li­taires ou de guerre ont tou­jours pro­duit une lit­té­ra­ture forte en contre, conjoin­te­ment avec une ampli­fi­ca­tion de son écoute. Ce qui explique aus­si le peu de cette lit­té­ra­ture dans notre période actuelle où les « enne­mis », res­pon­sables des déboires de nos socié­tés, sont dif­fi­ci­le­ment iden­ti­fiés." Malheureusement, tout n'est pas de cette eau, le jar­gon phi­lo­so­phique n'est pas évi­té, qu'on en juge : Murielle Compère-Demarcy n'écrit-elle pas : "… une cri­tique lucide et « révo­lu­tion­naire » de ce qui tra­verse l'écrivant che­villé au monde pour en trans­cen­der la page dans une expres­sion de l'affect relié à l'expérience d'un Je trans­cen­dan­tal immer­gé dans la nuit de l'Être pour en expul­ser l'indicible mura­tion dans cet entre-deux de son cri intel­lect /​ de son Dit." Coquille ou néo­lo­gisme com­pris ! Il est vrai que je ne suis pas de for­ma­tion phi­lo­so­phique mais de tels pro­pos passent dif­fi­ci­le­ment dans la mou­li­nette céré­brale du lit­té­raire que je suis…

 

Reste que ce numé­ro de Chiendents est néces­saire. Ne serait-ce que parce qu'Alain Marc note : "D'où l'on peut aisé­ment conve­nir que la poé­sie n'est pas que lin­guis­tique mais qu'elle est éga­le­ment anthro­po­lo­gique, phi­lo­so­phique, théo­lo­gique, sociale et poli­tique…" Oui, la poé­sie, si elle veut enfin retrou­ver ses lec­teurs, doit ces­ser d'être intel­lec­tuelle et poé­tique. Mais lisez donc Alain Marc !

 

 

 

Chiendents n° 109, Alain Marc : "Il n'y a pas d'écriture heu­reuse". Éditions du Petit Véhicule, 40 pages, 5 € (+ 2 € pour l'envoi) : 20 rue du Coudray. 44000 NANTES.

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