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Jean MAISON, A-Eden

Par |2019-11-21T11:49:56+01:00 21 novembre 2019|Catégories : Critiques, Jean Maison|

L’exergue « annonce » un abé­cé­daire et le recueil s’ouvre sur Pirus Malus, j’ai donc cher­ché vai­ne­ment cet abé­cé­daire. Sans doute, suis-je condi­tion­né par des siècles et des siècles de formes fixes. A moins que Jean Maison veuille dire la diver­si­té du monde ? 

Dès le poème limi­naire, je relève ce vers : « Le doute de la connais­sance » (p 7). Pirus Malus, faut-il le rap­pe­ler, est le pom­mier, l’arbre de la connais­sance du Paradis ter­restre ? Le sens s’échappe sans cesse, il n’est pas énon­cé  a prio­ri. Reste alors à rele­ver les indices qui viennent éclai­rer le sens : « Le jar­di­nier approche le buis­son » (p 19) est par­mi ceux-ci (le jar­din évoque le buis­son, le buis­son ardent) ; «  Sa soif de misé­ri­corde » (p 29) par­mi d’autres indices : il fait pen­ser à la misé­ri­corde divine.  Etc…

La deuxième suite, inti­tu­lée « La der­nière belle », est appa­rem­ment plus sereine, plus laïque : je dis bien en appa­rence ; la troi­sième suite, la plus longue avec ses quinze poèmes, inti­tu­lée « La soif char­nelle », est mar­quée par la volon­té du poète de se défaire du monde (p 59) ; 

Jean Maison, <em>A-Eden</em>Ad Solem,
édi­tions, 102 pages, 10,90 euros. En librai­rie
ou sur com­mande sur cata­logue.

mais ce pro­jet est vain ce que semble indi­quer un tacite acquies­ce­ment. Les indices réap­pa­raissent : l’onction (p 67) ; mais la dis­pute a lieu : « La patience amou­reuse /​ Illumine les corps » (p 69). Maison paraît être à la recherche de « La fêlure introu­vable de l’amour » (p 71) : divin (?) ou cor­po­rel  (?). Il fau­drait citer inté­gra­le­ment le poème de la page 79… La qua­trième suite, qui a pour titre  « Nudité obs­cure », opère un retour à l’abécédaire : « Je lis sur la man­tille /​ L’alphabet du débu­tant » (p 89) : inno­cence du poète ?  L’antépénultième poème pro­jette un retour aux femmes. Le poi­rier (p 93) fait son appa­ri­tion après le pom­mier de la page 9…

Ad Solem est une mai­son de spi­ri­tua­li­té chré­tienne, ce qui fait que j’ai sans mal lu le recueil de Jean Maison. Mais si c’est l’histoire de l’homme et de la femme, de l’amour char­nel et de sa rai­son d’être à tout, alors j’ai bien lu ! Car ce recueil est une ode à l’amour sous toutes ses formes : Jean Maison pense dans ce livre que l’amour n’est pas seule­ment divin mis qu’il peut aus­si être char­nel…

Présentation de l’auteur

Jean Maison

Textes

Jean Maison par­tage sa vie entre une acti­vi­té de pro­duc­teur négo­ciant de plantes médi­ci­nales bio­lo­giques et l’écriture poé­tique.
Très mar­qué par Chateaubriand, Cendrars, Reverdy, il adresse ses pre­miers poèmes à René Char avec qui il lie­ra une forte ami­tié jusqu’à la mort du poète.
Ses der­nières publi­ca­tions incluent Consolamentum (Farrago/​​Léo Scheer, 2004), Hommage à Jean Grosjean (Gallimard/​​NRF, 2007), Araire (Rougerie, 2009), Le pre­mier jour de la semaine (Ad Solem, 2011).

Poèmes choi­sis

Autres lec­tures

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Lucien Wasselin

Il a publié une ving­taine de livres (de poé­sie sur­tout) dont la moi­tié en livres d'artistes ou à tirage limi­té. Présent dans plu­sieurs antho­lo­gies, il a été tra­duit en alle­mand et col­la­bore régu­liè­re­ment à plu­sieurs pério­diques. Il est membre du comi­té de rédac­tion de la revue de la Société des Amis de Louis Aragon et Elsa Triolet, Faîtes Entrer L'Infini, dans laquelle il a publié plu­sieurs articles et études consa­crés à Aragon.

A signa­ler son livre écrit en col­la­bo­ra­tion avec Marie Léger, Aragon au Pays des Mines (sui­vi de 18 articles retrou­vés d'Aragon), au Temps des Cerises en 2007.
Il est aus­si l'auteur d'un Atelier du Poème : Aragon/​La fin et la forme, Recours au Poème édi­teurs.