> Fil de lecture autour d’Henri MESCHONNIC, de Rocio DURAN-BARBA, de Marianne WALTER et de Joyce LUSSU

Fil de lecture autour d’Henri MESCHONNIC, de Rocio DURAN-BARBA, de Marianne WALTER et de Joyce LUSSU

Par | 2018-02-20T04:56:07+00:00 2 septembre 2017|Catégories : Critiques|

 

Henri MESCHONNIC : Infiniment à venir.

 

 

 

 Le rêve fou de la socié­té tota­li­taire et tech­no­cra­tique dans laquelle nous vivons est de réduire l'homme à un numé­ro : "il n'y a plus que des noms /​ qui sont des chiffres" affirme Henri Meschonnic dans "Infiniment à venir" (p 15). C'est à cette lumière que je lis ces poèmes… L'éditeur, dans sa pré­sen­ta­tion du livre, note que "les poèmes d'Infiniment à venir sont nés de la décou­verte de l'Historial de la Grande Guerre de Péronne, dans la Somme". J'ai visi­té ce musée, mais j'en ai tiré une autre leçon. Peu importe laquelle. Ce qui m'intéresse ici, c'est celle que tire Meschonnic de cette visite.

C'est le des­tin, le deve­nir de l'homme, ani­mal social, qui est aus­cul­té par le poète. Dès le  deuxième poème, il note que "les pierres /​ ne se réveillent pas /​ et tant et tant /​ sont fon­dus /​ dans les pierres". La Grande Guerre fut une des plus meur­trières de l'Histoire. Je me sou­viens d'avoir trou­vé le volume d'Otto Dix 1 qui donne la repro­duc­tion des 50 eaux-fortes qu'il tira de son expé­rience au front dans l'armée alle­mande : c'est toute l'horreur de la guerre, de la folie meur­trière vou­lue par les gou­ver­ne­ments, qui est ain­si expri­mée. Et je com­prends mieux ces vers de Meschonnic, "On a aus­si enter­ré /​ le bruit /​ et les éclats de la lumière", à la vue des gra­vures de Dix. Poésie des­crip­tive ou nar­ra­tive qui s'alimente dans la visite de l'Historial mais aus­si poé­sie qui réflé­chit sur le monde et ses hor­reurs : une Europe qui se déchire, une Europe qui, pour reprendre les mots de Pierre Drachline, est domi­née par le qua­trième Reich d'Angela Merkel 2…  Le spec­tacle de cette guerre débouche sur le mutisme du poète, mutisme qu'il recon­naît comme deve­nant pré­texte à écrire des vers : "je cherche des mots /​ mais il n'y a plus de sens" (p 21). La visite de l'Historial de la Grande Guerre est au-delà des mots, ou plus pré­ci­sé­ment "du temps qu'il y avait /​ des noms" (p 26). C'est l'horreur indi­cible que disent ces poèmes. Il ne reste alors plus au poète qu'à se reti­rer pour ne pas ajou­ter de silence au silence qui se dégage de ce qui est pré­sen­té à Péronne…

L'éditeur a eu l'excellente idée de com­plé­ter ces poèmes par le dis­cours que pro­non­ça Henri Meschonnic en 2006 (il dis­pa­raî­tra en avril 2009) lors de la remise du Prix Jean Arp de Littérature fran­co­phone. Plus qu'un simple dis­cours, Pour le poème et par le poème est un véri­table essai dans lequel il tente de défi­nir la poé­sie et l'écriture poé­tique : c'est qu'il a une longue expé­rience de tra­duc­tion des textes bibliques "où il n'y a ni vers ni prose mais un pri­mat géné­ra­li­sé du rythme" (p 39). Henri Meschonnic a aus­si une œuvre impor­tante d'essayiste. C'est que "le corps-lan­gage est comme poé­sie de la pen­sée" (p 41). Penser Héraclite et non plus Platon, affirme Henri Meschonnic, suivent alors des défi­ni­tions où le poète essaie de cap­ter ce que repré­sentent la théo­rie du lan­gage et la poé­sie qui sont inti­me­ment liées. De son acti­vi­té de tra­duc­teur, Henri Meschonnic arrive à la conclu­sion que "la réa­li­té est que  tra­duire n'a pas pour pro­duit la tra­duc­tion d'un texte" mais bien "une repré­sen­ta­tion du lan­gage" (pp 47-48). Ce qui touche à la poé­sie, pour dire mal ce que Meschonnic dit si bien. Des approches savantes de diverses connais­sances sont convo­quées pour abou­tir à une défi­ni­tion de la poé­sie comme "inven­tion du corps-lan­gage" (p 56). Dès lors, vie et lan­gage sont inex­tri­cables (p 58). En courts cha­pitres (qui ne font pas deux pages), Henri Meschonnic essaie de s'approcher au plus près du poème. Revenant à la tra­duc­tion de la Bible, il met en évi­dence que "le ver­set est une uni­té ryth­mique, inté­rieu­re­ment orga­ni­sée" et donc qu'il n'y a "aucune oppo­si­tion entre des vers et de la prose" (p 64). Le rythme est alors vu comme "un conti­nu de la séman­tique sérielle qui neu­tra­lise autant la notion de vers et la notion de prose, que leur oppo­si­tion" (p 67). Henri Meschonnic sait se mon­trer convain­cant mais reste alors des approches poé­tiques mul­tiples qui font que le lec­teur peut trou­ver son dû n'importe où, peut trou­ver du plai­sir dans des formes reje­tées ( ? ) par Meschonnic. Mais c'est là un autre pro­blème : "Laisser pas­ser le poème" affirme-t-il in fine !

 

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1. Otto Dix, "La Guerre". Cinq Continents édi­tions, 2003.

2. Pierre Drachline, "Éloge de l'imposture". Le Cherche-Midi édi­teur, 2016.

 

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Rocio DURAN-BARBA : Une voix me le dit.

 

 

Bardée de diplômes, Rocio Duran-Barba est née en Équateur et elle vit à Paris. Ce qui explique qu'elle écrive direc­te­ment en fran­çais son "Une voix me le dit" que publie aujourd'hui La Feuille de Thé. Ce recueil réunit 82 courtes proses ter­mi­nées par deux mots en esca­lier (comme les vers du grand Maïakovski) où le terme étrange figure à chaque fois sauf dans le der­nier "poème".

Le Cotopaxi (un vol­can équa­to­rien d'environ 5900 mètres d'altitude) est entré en érup­tion (du moins dans ce livre). Mais Rocio Duran-Barba ne se livre pas à une étude scien­ti­fique… Populations (avec lamas et alpa­gas), cha­manes, divi­ni­tés anciennes, dieux (dont Viracocha), viennent assis­ter à l'éruption. Mais ce n'est qu'un pré­texte car Rocio Dura-Bara avoue : " Viracocha avait déci­dé de réor­ga­ni­ser la pla­nète" (p 15) sans qu'on sache si Rocio Duran-Barba se sert de ce pré­texte pour revi­si­ter son enfance, les mythes fon­da­teurs (tous sym­bo­li­sés par des divi­ni­tés comme  Inti, Mama Quilla, Pacha Mama, Pachacamac, Catequil , L'Homme-Oiseau, Mama Cocha, Illapa, Coco Mama …). C'est écrit dans une langue hale­tante où se mêlent de brèves phrases et des groupes nomi­naux. Ainsi renaît une cos­mo­go­nie  ori­gi­nale, inouïe… Parmi les mil­liers de légendes de la créa­tion du monde, Rocio Duran-Barba choi­sit celle-ci sans doute incon­nue des lec­teurs occi­den­taux. Les attri­buts de ces divi­ni­tés sont divers : gar­dienne de la fer­ti­li­té des champs, dieu du soleil, sou­ve­rain du monde, dieu de l'oracle, déesse de l'eau, dieu du cli­mat, déesse de la san­té  : tout trouve une expli­ca­tion… Rocio Duran-Barba accède à l'ivresse, elle est "immer­gée dans l'alcool de [son] pays aimé" (p 31). La vision se fait cos­mique : "Je res­pi­rai l'éternel prin­temps. Nuits des­si­nées par la Voie Lactée" (p 37). Le pan­théon ne connaît pas de limites ; y règne le jaguar du  feu et de la puis­sance.  L'expression Une voix me le dit revient dans ces proses comme un leit­mo­tiv, ce qui contri­bue à l'aspect étrange lan­ci­nant du recueil. Le mys­tère demeure expri­mé par les contra­dic­tions, l'unité des contraires : "L'éruption n'est pas un héca­tombe. Ni un pro­blème. Elle était le mys­tère à redé­cou­vrir. Explosion-Implosion. Verbe et silence. Feu et glace." (p  88) ; il ne s'agit pas d'expliquer (la science est là pour cela), mais bien d' incar­ner le mys­tère de la vie alors que la vie garde tou­jours son mys­tère. Rocio Duran-Barba rap­pelle au lec­teur que la poé­sie doit aus­si por­ter les secrets de la vie et des arcanes du monde. Comme elle le dit vers la fin du livre : "Nos âmes avaient besoin de s'imprégner de mys­tère pour gran­dir-mar­cher-voler.  Pour être un peu plus qu'un brin d'existence éphé­mère" (p 89). Voilà qui devait être dit, c'est ce qui fait le charme de ce recueil étrange

 

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Marianne WALTER : Les espa­liers de neige.

 

 

Marianne Walter offre au lec­teur un recueil de poèmes célé­brant le monde (et sa beau­té), non sans inter­ro­ga­tions sur le mys­tère de la vie et de ce der­nier. Mais c'est la célé­bra­tion (de la mon­tagne et de ses pay­sages) qui domine : et quand le ciel se fis­sure, c'est "tel une branche sur le bleu de la gra­vure" (p 12). Marianne Walter maî­trise par­fai­te­ment l'art de dire les choses en demi-teintes. La carac­té­ris­tique de ces poèmes, c'est la déli­ca­tesse : est-ce un effet du sou­ve­nir ? de la "fraî­cheur de la mémoire" ? (car le temps n'est pas la  simple suc­ces­sion des ins­tants, le pré­sent coïn­cide avec le pas­sé, du moins y prend-il ses racines…). Je for­mu­le­rai cepen­dant un petit reproche à pro­pos de cette pre­mière suite, "Les espa­liers de neige", quant à ponc­tua­tion. Page 17, les : entre l'enfance et les pêches sont de trop, me semble-t-il, tout comme la , entre des crabes et des pois­sons. À moins que ce ne soit de simples coquilles ? Ou quoi d'autre ? Et ce n'est qu'un exemple… En tout cas, la cohé­rence gagne­rait à une uni­for­mi­sa­tion de la ponc­tua­tion : sup­pres­sion pure et simple de cette der­nière ou res­tau­ra­tion inté­grale de celle-ci tant la jux­ta­po­si­tion de poèmes ponc­tués  et de poèmes sans ponc­tua­tion est néfaste quant à la forme du recueil.

Je pour­rais faire la même remarque à pro­pos d'Alpages mais je ne la ferai pas : si la vir­gule est pré­sente au sein du poème, jamais il ne se ter­mine par un point (sauf à la page 81, par un point d'interrogation). Est-ce un signe d'inachèvement ? Comme si le poème deman­dait à tou­jours à être repris, parce que le poète a sans cesse oublié une nota­tion ? La poé­sie se fait volon­tiers des­crip­tive, tous les sens de Marianne Walter sont en éveil ; mais aus­si poé­sie intros­pec­tive. Sans doute faut-il lire ce recueil comme la trace d'une déam­bu­la­tion en mon­tagne. Marianne Walter a au moins le mérite de cap­ter l'ineffable des cimes ; on sent l'amour qu'elle porte à ce pay­sage, un amour qui trans­pa­raît dans le poème…

 

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Joyce LUSSU : Inventaire des choses cer­taines.

 

 

Si Marc Porcu est le tra­duc­teur de cette antho­lo­gie, Joyce Lussu en est l'auteur des poèmes qui la com­posent. Elle est née en 1912 et décé­da en 1998 ; elle fut l'épouse d'Émilio Lussu et la tra­duc­trice en ita­lien de Nazim Hilkmet. Si elle tra­dui­sit ce der­nier, sa poé­sie rap­pelle celle du Turc par sa sim­pli­ci­té et son côté par­lé.

Ce n'est pas un hasard si elle fut fémi­niste et les pre­miers poèmes de cette anthologie(extraits de Esclaves et Sbylles) sont consa­crés à l'émancipation des femmes.  Son poème "Elle s'appelle Nunziata Bartolacci…" dresse le por­trait d'une femme qui vaut mieux que l'état auquel l'ont réduite le mari et le fils. Joyce Lussu dénonce les mater­ni­tés répé­ti­tives, le tra­vail domes­tique, mais ne perd jamais espoir. Multinationales, armées et reli­gions en prennent pour leur grade ! Joyce Lussu remarque l'absence de femmes dans ces cénacles qui pré­tendent diri­ger le monde mais elle sait le che­min qui reste à par­cou­rir. Certes, aujourd'hui que l'émancipation de la femme s'est déve­lop­pée, les femmes de pou­voir singent les hommes : du che­min reste à faire encore ! Le vrai cli­vage ne passe pas par la divi­sion sexuelle, il s'appelle  lutte des classes.

Ça conti­nue avec le Bestiaire poli­tique, des poèmes assez longs qui res­semblent par­fois à des fables (d'où le titre). Joyce Lussu appelle luci­de­ment à la révo­lu­tion, se révolte contre le sort fait aux humains : si elle est une opti­miste invé­té­rée ("… confiance et espoir dans le pos­sible des évè­ne­ments"), elle n'en signale pas moins "… un  élé­ment /​ pathé­tique de par­ti­ci­pa­tion /​ lié au bon­heur et au mal­heur des gens /​ qui deviennent nôtres et nous émeuvent" (p 63). La lutte est là… Et l'empathie, et la soli­da­ri­té (Joyce Lussu sacri­fie par­fois au didac­tisme). Et l'espoir… Elle est réso­lu­ment moderne, actuelle : même le "désastre éco­lo­gique" est évo­qué (p 91). Sans que rien d'édulcoré ou de dou­teux ne soit dans le terme désastre

Puis vient le Printemps par­ti­san. Le pre­mier poème de cette sec­tion montre le dia­logue d'une mère au foyer et de son fils par­ti­san. Les quatre der­niers vers sont par­mi les plus émou­vants que j'ai lus. Je ne sais pour­quoi, je pense à cet article retrou­vé d'Aragon 1 consa­cré au roman de Janine Bouissounouse, "Dix pour un"… Peut-être, pour reprendre les mots d'Aragon, parce que c'est le livre d'une femme alors que "Ce pre­mier soleil…" est le poème d'une femme, d'une mère… La lutte des Partisans est celle pour un monde meilleur. Joyce Lussu offre une vision où le meilleur côtoie le pire mais ce n'est nul­le­ment déses­pé­ré. Même si un peu plus loin, elle avoue que la mort "pue le sang et la merde" (p 23). "Diogène en Italie" (pp 125-133) est une allé­go­rie qui rap­pelle oppor­tu­né­ment que la lutte n'a pas de fin tant l'ignominie des gou­ver­nants est forte et au risque de som­brer dans le sou­ve­nir, le consen­sus dont il est ques­tion page 133 au vers 6 me fait pen­ser à cette défi­ni­tion qui avait cours dans ma folle jeu­nesse et qui pro­cla­mait que c'était un "con sans sous"  (On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans ) ! La lutte ne se ter­mine jamais : "afin que ce cré­pus­cule ne se pré­ci­pite pas dans la nuit /​ mais soit la gri­saille opaque qui pré­cède l'aurore".

L'amour, tel qu'il est trai­té dans la qua­trième par­tie, "Et puis natu­rel­le­ment il y a l'amour", n'est pas expri­mé de manière conve­nue. Il ne s'agit pas de l'amour dés­in­car­né, ni de l'amour entre deux êtres vivant au-des­sus du monde. Mais cet amour se nour­rit de l'environnement qu'il soit natu­rel ou humain. Joyce Lussu fait preuve de ses talents d'étymologue puisqu'elle écrit un poème, du pre­mier au der­nier vers sur le mariage et ses déri­vés lexi­caux. Car à l'époque, il était dif­fi­cile de consi­dé­rer l'amour hors du mariage. Et pour­tant que de pas­sions adul­té­rines, hors du Code civil ! Et pour­tant, Joyce Lussu ter­mine son poème par une liste des pro­blèmes aux­quelles elle ajoute ceux "de couple et de coha­bi­ta­tion /​ et demain édu­ca­tion des enfants" (p 155). Non sans humour ! Plus que l'amour d'ailleurs, c'est la vie quo­ti­dienne qui est pas­sée au crible, l'adultère n'est pas tu mais tenu à dis­tance et rela­ti­vi­sé. Ce que dit jus­te­ment Joyce Lussu, c'est que l'homme n'est pas seule­ment objet de désir, mais mieux qu'il est le com­pa­gnon de toute une vie, un com­pa­gnon de lutte com­mune…

Les poèmes de "Mon futur vivant" sont ceux de la sagesse. Joyce Lussu remarque et s'interroge : "mais ces grandes amours pour tous /​ ne doivent rien ôter /​ à nos amours pour un" (p 191) ou "… com­ment fait-on /​ pour aimer cor­rec­te­ment /​ sans faire un tas d'erreurs" (p 203). Sagesse qui ne va pas sans un cer­tain émer­veille­ment et une ten­dresse cer­taine : "je m'emplis moi aus­si /​ de bon­heur /​ comme quand tu m'as sou­ri la pre­mière fois /​ pas seule­ment avec les pétales de rose de ta bouche éden­tée /​ mais aus­si avec tes yeux cou­leur noi­sette /​ avec tes joues de pêche et ton  petit nez de patate" (p 205). Tout Joyce Lussu est dans ces vers et l'on me par­don­ne­ra cette longue cita­tion ! Tout Joyce Lussus mais sur­tout l'humour et l'amour. Car pour pro­cla­mer qu'on aime le genre humain, il faut d'abord aimer ses proches…

J'ignore la langue ita­lienne. Il me faut donc remer­cier Marc Porcu d'avoir tra­duit cette antho­lo­gie et de m'avoir ain­si per­mis de décou­vrir Joyce Lussu. Je sou­haite le même bon­heur au plus grand nombre de lec­teurs…

 

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1. Voir Lucien Wasselin (avec la col­la­bo­ra­tion de Marie Léger), "Aragon au Pays des mines" (sui­vi de 18 articles retrou­vés d'Aragon). Le Temps des Cerises édi­teurs, 2007, pp 163-167.

 

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