> Nicolas VARGAS, EMOVERE

Nicolas VARGAS, EMOVERE

Par | 2018-04-06T13:18:16+00:00 6 avril 2018|Catégories : Critiques, Nicolas Vargas|

Je ne connais pas Nicolas Vargas, je ne connais pas le Pascal Castets à qui le livre est dédié : je me sens d’autant plus à l’aise pour dire tout le bien que je pense de cette pla­quette. Car c’est une poé­sie ori­gi­nale, comme j’aime…

Tout d’abord remar­quer que le per­son­nage prin­ci­pal (l’émotion) tra­verse de part en part ce poème-récit. Mais le corps est aus­si asso­cié comme si Nicolas Vargas vou­lait à tout prix insis­ter sur le maté­ria­lisme qui entoure la nais­sance de l’émotion. Les détails réa­listes ne manquent pas, et ce, dès la pre­mière page : cou­cher les échelles, net­toyer le maté­riel, dépous­sié­rer les bou­quins… Peut-être l’origine de ce maté­ria­lisme (écrire le corps) se trouve-t-elle dans la ren­contre avec Sabine Fournier, cho­ré­graphe et dan­seuse, qui allie écrire le corps et dan­ser l’image : les détails réa­listes évo­qués plus haut  sont comme un écho de la cho­ré­gra­phie car l’étymologie nous l’apprend, le mot émo­tion vien­drait de l’ancien fran­çais du XIIIe motion (c’est-à-dire mou­ve­ment), le cercle est ain­si bou­clé… Mais le Littré affirme que le terme vien­drait du latin emo­vere : d’où le titre du poème… Nicolas Vargas cherche la meilleure défi­ni­tion entre le poème et la cho­ré­gra­phie. Les moyens de cette recherche sont mul­tiples. L’humour n’est pas absent  : « on a pen­sé à du tou­tou dans le cana­pé /​ de la coc­ci­nelle sur la vitre /​ une carte pos­tale de la région /​ un chat qui bisou… » La construc­tion du poème est syn­co­pée pour mieux rendre compte de la cho­ré­gra­phie…

Nicolas Vargas, Emovere, La Boucherie littéraire éditions, collection « Sur le Billot ». Non paginé, 10 euros. En librairie

Nicolas Vargas, Emovere, La Boucherie lit­té­raire édi­tions, col­lec­tion « Sur le Billot ». Non pagi­né, 10 euros. En librai­rie

mm

Lucien Wasselin

Il a publié une ving­taine de livres (de poé­sie sur­tout) dont la moi­tié en livres d’artistes ou à tirage limi­té. Présent dans plu­sieurs antho­lo­gies, il a été tra­duit en alle­mand et col­la­bore régu­liè­re­ment à plu­sieurs pério­diques. Il est membre du comi­té de rédac­tion de la revue de la Société des Amis de Louis Aragon et Elsa Triolet, Faîtes Entrer L’Infini, dans laquelle il a publié plu­sieurs articles et études consa­crés à Aragon.

A signa­ler son livre écrit en col­la­bo­ra­tion avec Marie Léger, Aragon au Pays des Mines (sui­vi de 18 articles retrou­vés d’Aragon), au Temps des Cerises en 2007.
Il est aus­si l’auteur d’un Atelier du Poème : Aragon/​La fin et la forme, Recours au Poème édi­teurs.