François Mont­maneix déclare haut et fort : « Ce ne sont donc pas le retour con­ster­nant des guer­res de reli­gion, la défer­lante tech­nologique obses­sion­nelle, l’abrutissement, par le foot­ball, la banal­i­sa­tion du verbe par le développe­ment des réseaux pré­ten­du­ment soci­aux, la vul­gar­ité médi­a­tique, la sacral­i­sa­tion des gad­gets, la mon­di­al­i­sa­tion de l’uniformisation et le déclin de la con­science du monde qu’ils engen­drent, qui vien­dront à bout  de la vérité et de la force de la parole qu’incarne la Poésie » (p 5).

De même, dans son arti­cle, Le poète ermite de Trom­ba, Jacques Crickil­lon (p 25)  note à pro­pos de  Pierre del­la Faille que l’amour de Belle est aux antipodes de la con­cep­tion barthi­enne des Frag­ments d’un dis­cours amoureux et assim­i­l­able aux représen­ta­tions de l’amour vu sur les sculp­tures des parois des tem­ples de Mali­parum et de Borobudur. Il note aus­si : « La dif­férence, c’est que, la ren­con­tre ouvre   chez del­la Faille, une des­tinée com­mune, un chemin (avec Belle à deux, en étant non unique mais dou­ble dans l’unique.  Dès lors, si la femme aimée appa­raît sub­limée dans l’œuvre jusqu’à en faire une fig­ure mythologique, elle est aus­si présence jour à jour et ali­mente ain­si per­pétuelle­ment la créa­tion… » (p 24). Si j’aime François Mont­maneix pour ses poèmes en général et pour son écri­t­ure, j’aime Pierre del­la Faille pour l’amour fou qui donne une tonal­ité par­ti­c­ulière à sa vie et à son écri­t­ure poétique…

Les hommes sans épaules n° 47 : 324 pages, 17 euros. Abon­nement à 2 livraisons : 30 euros.
Les Hommes sans épaules, 8 rue Charles Moiroud. 95440 ECOUEN.

Si François Mont­maneix signe l’éditorial de cette livrai­son des Hommes sans épaules, les deux précé­dents (FM & PdF) font par­tie du pre­mier arti­cle de la revue, Les por­teurs de feu, par leurs poèmes. La revue est divisée en ses par­ties habituelles : Ain­si furent les Wah (avec Imasan­go, Ade­line Bal­dacchi­no ‑dont j’ai lu jadis La ferme des énar­ques (et dont j’ai ren­du compte dans Recours au poème)-, Natasha Kanapé-Fontaine, Emmanuelle Le Cam, Hamid Tibouchi, Franck Balandi­er et André Loubradou… De même avec le dossier Poètes à Tahi­ti avec Christophe Dauphin (intro­duc­tion) : Teuira Hen­ry, Hen­ri Hiro, Flo­ra Deva­tine, Loïc Her­ry et Alain Simon… Les inédits des HSE sont con­sacrés aux poèmes de Sonia Zin Al Abidine. Vers les ter­res libres sont réservées à une étude de Paul Farel­li­er inti­t­ulée La poésie de Frédéric Tison suiv­ie de Minus­cules (un ensem­ble de pros­es poé­tiques) du même Frédéric Tison…  Suit alors une étude d’Eve Moréno ; con­sacrée à la chan­son, la poésie, elle présente le chanteur Allain Lep­rest.  Suiv­ent enfin des poèmes inédits d’Elodie Tur­ki, de Paul Farel­li­er, de Jacque­line Lalande, d’Alain Bre­ton, de Christophe Dauphin et d’André Prod­homme… Vien­nent en final des notes de lec­ture de Christophe Dauphin, de Claude Luezior, d’Eric Pis­touley, de Bernard Fournier, de Jean Chatard, de Thomas Demoulin, de François Fol­sheid, de Frédéric Tison et  de Paul Farel­li­er…  Vien­nent ensuite les usuelles informations…

Jamais une revue n’a autant ressem­blé à ce que doit être une revue de poésie. Et il y a des poèmes pour tous les goûts.

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Lucien Wasselin

Il a pub­lié une ving­taine de livres (de poésie surtout) dont la moitié en livres d’artistes ou à tirage lim­ité. Présent dans plusieurs antholo­gies, il a été traduit en alle­mand et col­la­bore régulière­ment à plusieurs péri­odiques. Il est mem­bre du comité de rédac­tion de la revue de la Société des Amis de Louis Aragon et Elsa Tri­o­let, Faîtes Entr­er L’In­fi­ni, dans laque­lle il a pub­lié plusieurs arti­cles et études con­sacrés à Aragon. A sig­naler son livre écrit en col­lab­o­ra­tion avec Marie Léger, Aragon au Pays des Mines (suivi de 18 arti­cles retrou­vés d’Aragon), au Temps des Ceris­es en 2007. Il est aus­si l’au­teur d’un Ate­lier du Poème : Aragon/La fin et la forme, Recours au Poème éditeurs.