> Chiendents n° 118, consacré à Marie-Josée CHRISTIEN

Chiendents n° 118, consacré à Marie-Josée CHRISTIEN

Par |2018-02-04T15:54:04+00:00 30 septembre 2017|Catégories : Marie-Josée Christien, Revue des revues|

Marie-Josée Christien est née en 1957 à Guiscriff en Cornouaille mor­bi­han­naise. Sa poé­sie est très mar­quée par sa Bretagne natale où elle vit. “La poé­sie pour via­tique” est bien­ve­nue. Gérard Cléry, Guy Allix, Bruno Sourdin, Michel Baglin, Jacqueline Saint-Jean, Luc Vidal (l’animateur des édi­tions du Petit Véhicule) et Jean Chatard col­la­borent à cette livrai­son de Chiendents qui dresse le por­trait de M-J Christien.

Authenticité et sen­si­bi­li­té au monde sont les carac­té­ris­tiques de cette œuvre que Gérard Cléry met en évi­dence. Sensibilité au monde, à l’univers et non sen­si­bi­li­té étri­quée à la Bretagne : Marie-Josée Christien se sert du pay­sage qui l’entoure pour inter­ro­ger l’univers et en tirer des conclu­sions qui concernent tous ses lec­teurs, quel que soit l’endroit où ils vivent. Guy Allix met en lumière la conci­sion de ces poèmes et leur aspect “mys­tique” (l’important est dans les guille­mets, car l’athéisme est de mise ici) : le n° 19 de Spered Gouez (L’Esprit sau­vage, en bre­ton !) n’est-il pas inti­tu­lé “Mystiques sans dieu(x)” ?  Le miracle – et c’est Miche Baglin qui l’explique – c’est que Marie-Josée Christien, tout mys­tique qu’elle soit, ne perd jamais le contact avec le réel. Elle ne cultive pas la cou­leur locale, pour autant.

Chiendents n° 118 : Marie-Josée Christien

Chiendents n° 118 : Marie-Josée Christien

La par­tie la plus cap­ti­vante de ce numé­ro de Chiendents est celle où Marie-Josée Christien répond aux ques­tions de Gérard Cléry. On y apprend que, pour elle, “écrire est ce qui lui per­met de tenir” (p 19), qu’elle se méfie de l’intellectualisme en vogue actuel­le­ment chez les poètes, que l’école pri­maire et le lycée ont beau­coup comp­té pour son éveil à la poé­sie, que son inté­rêt pour le peintre Tal Coat explique son goût pour “la venue de loin­tains pro­fonds, les lents dépôts mil­lé­naires” (p 22) qui lui per­met de sai­sir la ful­gu­rance et le sur­gis­sant, qu’elle a le goût de la pré­his­toire, qu’elle se sent éloi­gnée “de la morne poé­sie du quo­ti­dien” (qui a pour­tant don­né de belles réus­sites pleines de sen­si­bi­li­té comme chez François de Cornière, mais sans doute, ne met­tons-nous pas les mêmes mots der­rière l’expression…), qu’elle condamne l’art contem­po­rain pour des rai­sons poli­tiques… C’est une véri­table leçon de poé­sie !

Un choix de poèmes pour­suit la livrai­son. Poèmes courts sou­vent aux vers brefs dont, mal­heu­reu­se­ment le lec­teur ignore s’ils sont inédits (à moins de le devi­ner aux titres qui ren­voient à des recueils déjà publiés et à l’avant-dernier texte qui indique qu’il s’agit d’extraits inédits d’un ouvrage en cours d’écriture tout comme le der­nier ensemble). Mais poèmes qui sont bien à l’image de Marie-Josée Christien encore que les Éclats d’ombre et de lumière fonc­tionnent comme une accu­mu­la­tion de ver­sets indé­pen­dants l’un de l’autre…

Ce n° 118 de Chiendents est repré­sen­ta­tif de l’œuvre tout en prou­vant que Marie-Josée Christien sait se mon­trer inat­ten­due… ll se ter­mine par  deux études (ou deux lec­tures) l’une de Luc Vidal (consa­crée à un flo­ri­lège, Les Extraits du temps, pré­fa­cé par Guy Allix) et l’autre de Jean Chatard (consa­crée à Entre-temps pré­cé­dé de Temps com­po­sés)…

 

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Lucien Wasselin

Il a publié une ving­taine de livres (de poé­sie sur­tout) dont la moi­tié en livres d’artistes ou à tirage limi­té. Présent dans plu­sieurs antho­lo­gies, il a été tra­duit en alle­mand et col­la­bore régu­liè­re­ment à plu­sieurs pério­diques. Il est membre du comi­té de rédac­tion de la revue de la Société des Amis de Louis Aragon et Elsa Triolet, Faîtes Entrer L’Infini, dans laquelle il a publié plu­sieurs articles et études consa­crés à Aragon.

A signa­ler son livre écrit en col­la­bo­ra­tion avec Marie Léger, Aragon au Pays des Mines (sui­vi de 18 articles retrou­vés d’Aragon), au Temps des Cerises en 2007.
Il est aus­si l’auteur d’un Atelier du Poème : Aragon/​La fin et la forme, Recours au Poème édi­teurs.

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