> ROGER DEXTRE ou L’EXPÉRIENCE POÉTIQUE

ROGER DEXTRE ou L’EXPÉRIENCE POÉTIQUE

Par |2018-10-17T18:36:09+00:00 10 mai 2015|Catégories : Essais|

 

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          L'un des pro­blèmes que ren­contrent les auteurs, dès lors qu'ils ont été publiés, c'est la vie de leurs livres au long cours. En effet, trop sou­vent ils ne sont pas réédi­tés dès que le tirage est épui­sé, les aléas de la vie édi­to­riale font qu'ils deviennent introu­vables : dif­fi­cul­tés éco­no­miques des édi­teurs, dis­pa­ri­tion pure et simple de cer­tains… Il ne reste plus alors, avec un peu de chance, que les libraires d'occasion qui peuvent satis­faire la curio­si­té du lec­teur poten­tiel. C'est à cette situa­tion frus­trante que La Rumeur Libre entend appor­ter une solu­tion en réédi­tant des œuvres de qua­li­té : après Patrick Laupin, c'est au tour de Roger Dextre. Les deux tomes de ses Œuvres poé­tiques regroupent La Terre est à per­sonne (Seghers, 1985) et De la page et de l'oubli (Seghers, 1989), édi­tion aug­men­tée de deux inédits Histoires ? et Quartiers pour le pre­mier et  Chants d'Ariane et de Thésée sui­vi de Voici venir (Comp'Act, 1986), Livres per­dus (Comp'Act, 1999) dans une édi­tion revue et cor­ri­gée pour l'occasion et de quatre inédits, Courtisanes, saints et ani­maux, L'Ancien récitDevant quel fleuve et La Valse à l'envers… pour le second. C'est donc un ensemble signi­fi­ca­tif de l'œuvre poé­tique de Roger Dextre qui est à la dis­po­si­tion du lec­teur curieux.

 

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          Ce ne sont pas des Œuvres Poétiques Complètes au sens scien­ti­fique du terme, pour deux rai­sons au moins : la pre­mière c'est que l'on ne retrouve pas dans ces deux tomes, par exemple, La Ponctuation des jours, publié en 1971 chez Pierre Jean Oswald, la seconde c'est que Roger Dextre conti­nue à écrire et à publier, deux livres viennent de paraître, Entendements et autres poèmes (La Rumeur Libre, 2012) et L'Obscur sou­dain (La Passe du vent, 2014). Qui seront exa­mi­nés dans le cadre de cet essai.

 

 

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          L'épaisseur du monde sen­sible tra­verse les poèmes du Monde est à per­sonne qui tentent de cap­ter l'instant qui passe. De ce contraste, naît une étrange obs­cu­ri­té du sens qui résiste. Finalement, ce qu'essaie de prendre Roger Dextre , au piège de ses poèmes, c'est cette faillite du réel et de l'activité des hommes "au tra­vers d'une phrase comme don­née", car il y a un mys­tère ou quelque chose d'obscur dans la vie de l'homme. La célé­bra­tion du monde ne va pas sans la conscience du manque qui carac­té­rise l'homme et sa place dans l'univers : "Tout cela, /​ tout vit, tout /​ vivra, redi­sant /​ le même mot /​ tai­sant, /​ tai­sant la seule haute /​ clar­té…" Tout Roger Dextre est là, dans cette oppo­si­tion entre le désir de vivre (et d'écrire) et le silence. La poé­sie serait alors cet "incroyable ques­tion­ne­ment" ou "Le chant des sons, /​ parole ajour­née d'être jamais /​ per­sonne du lan­gage"…Dans son poème La Pivoine, on peut lire le tra­gique de l'existence puisque la mort est iné­luc­table dans ce qu'il désigne comme "l'erreur de la vie".  Il y a chez Dextre un côté noir qui prend en compte la vio­lence de la vie (en socié­té) avec ses erreurs, ses bles­sures, la peur et la mort, mais une vie qui n'existe que dans la beau­té de la nature ("Les routes qui vont /​ pourpres /​ dans les fou­gères, les ronces, /​ et longent l'eau gla­ciale des ruis­seaux, /​  tour­nant entre les pierres". ) Mais nulle com­plai­sance, nul jeu gra­tuit dans ce qui n'est qu'un constat ser­vi par un mélange de vers assez longs (de l'heptasyllabe à l'alexandrin en pas­sant par le déca­syl­labe) et de vers réduits à un mot qui est ain­si mis en valeur. Le lec­teur a l'impression de suivre une conver­sa­tion à mez­zo voice, d'assister à un long mono­logue. Roger Dextre n'arrête pas de célé­brer le monde natu­rel tout en dénon­çant le mal vivre. Cette dua­li­té s'inscrit dans un contexte phi­lo­so­phique qui n'ignore pas Marx : "Elle [l'angoisse] est sou­ter­raine, /​ disait Marx, /​ l'ardeur de taupe des tra­vailleurs". La poé­sie de Roger Dextre ne fait qu'explorer cette contra­dic­tion, la dis­sé­quer en tous sens. Mieux, elle est la condi­tion, cette contra­dic­tion, de l'émergence du poème qui, alors, dit les choses les plus humbles, cette contra­dic­tion entre "l'heure de pure pré­sence" et "son écra­se­ment dans les jour­nées /​ sous le poids /​ des patiences incer­taines". Mais Roger Dextre ne s'abandonne pas pour autant au vain déses­poir, il sait rele­ver la digni­té des tra­vailleurs (ose­rait-on aujourd'hui encore par­ler de classe ouvrière ?), leur révolte : "par­mi ces bâti­ments, dirait-on, /​ rien n'appartient à per­sonne, /​ la terre entière à nou­veau /​ se fait petite et libre". Dextre prête sa voix à ces êtres de peu qu'il a côtoyés : dans sa vie, son enfance (ses parents maintes fois évo­qués) ou dans l'exercice des pro­fes­sions qui ont été les siennes, le poète a été en contact avec les lais­sés pour compte de la vie : "l'écoute, contre l'espace immense, /​ des sono­ri­tés /​ uniques d'un lan­gage". Mais aus­si : "l'irruption dans l'amour ins­tan­ta­née"… Etc !

 

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          Plus tard, dans De la page et de l'oubli, c'est tou­jours la même célé­bra­tion d'un monde qui est sur le point de bas­cu­ler dans le vide. C'est la pré­sence au monde qu'interroge Roger Dextre. Car com­ment com­prendre cette lettre à la mère : "Très chère mère, /​  je vou­drais du linge propre, /​ et dor­mir, être /​ près de vous autres." Roger Dextre est à la pour­suite qui ne finit jamais du sens de la vie. C'est le même être que dans La terre n'est à per­sonne qui tra­verse ce nou­veau livre, avec les mêmes ques­tions sur la vie, sur le pou­voir du poème, sur l'histoire, sur le sens du tra­vail dans cette socié­té…

          Mais le silence, le mutisme ne sont jamais bien loin de cet effort : "l'endroit désert du lan­gage" est tou­jours pré­sent, "… vent /​ dans le pas­sage duquel /​ il reste (peut-être) à extraire la nuit de la peur et /​ de ses récits com­pul­sifs et rui­neux". Le poème est l'outil qui per­met de dire "le monde qui se dégage du chaos des sons". Si le mutisme est omni­pré­sent, "il ne reste que les voix, la rivière, la rumeur". C'est ce presque rien que dit le poème dans sa quête inces­sante, y com­pris dans le monde, dans ce rare moment où le désir de pos­ses­sion de l'univers éclate ("où le sol est à nous"). Il y a dans tout cela une sorte de volon­té mys­tique (sans dieux). Mais ce n'est pas oublier l'horreur éco­no­mique : "Ce qui use /​ est l'esclavage des hommes /​ la révolte rend dou­lou­reuse /​ toute vision…" ou "la langue de bois parle /​ traî­treu­se­ment de par­ler /​ la langue des maîtres". Le poème cherche à par­ler cette autre langue, celle où l'homme est sujet du monde, mieux il en est l'acteur, il recherche cet ins­tant fugace où tout s'efface (la peine, le manque, la révolte) pour que ne reste qu'un  fugi­tif accord avec le monde, "le sou­la­ge­ment du silence".

          Les deux suites inédites (Histoires ? et Quartiers) sont res­pec­ti­ve­ment com­po­sées de trois proses poé­tiques pour la pre­mière et de dix poèmes -ver­sets et vers d'inégales lon­gueurs- pour la seconde. Dans Histoire ? Roger Dextre relate des expé­riences exis­ten­tielles qui remettent en cause l'absence de dis­tance entre les paroles dites et l'évidence du monde pour retrou­ver un nou­vel ordon­nan­ce­ment dont le point d'interrogation du titre montre la fra­gi­li­té. Dans Quartiers, Roger Dextre décrit le pay­sage qui lui est fami­lier (Lyon, le confluent du Rhône et de la Saône…). Mais cette des­crip­tion n'est pas neutre, elle est comme hal­lu­ci­née, comme si la vie était le lieu d'une pré­sence au monde qui n'en finit pas de se cher­cher (le sou­ve­nir des canuts qui tra­vaillaient seize heures par jour y est peut-être pour quelque chose…). Ainsi, la tona­li­té d'ensemble de ce pre­mier tome est-elle pro­té­gée…

 

 

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          Chants d'Ariane et de Thésée qui ouvre le tome II des Œuvres Poétiques est un dia­logue entre Thésée, le roi mythique d'Athènes, et Ariane, son épouse qui l'aida à s'échapper du laby­rinthe… Thésée, sous la plume de Roger Dextre affirme : "Je t'ai sui­vie, /​  vrai­ment sui­vie, non tra­hie". Le poète semble se pla­cer dans la tra­di­tion de la ver­sion où Thésée est obli­gé d'abandonner Ariane  à son sort sur l'île de Naxos. Le dia­logue devient un chant de regret, un lamen­to funèbre. On a l'impression à lire Dextre d'entendre Ariane déplo­rer le départ de Thésée et dire sa peine. Thésée lui répond et se donne alors à lire l'amour déchi­ré. C'est une œuvre aty­pique dans les écrits de Dextre encore qu'on y retrouve la volon­té de ne pas s'arrêter aux appa­rences.

          Voici venir est une suite de qua­torze poèmes ver­si­fiés mais non rimés. C'est un  texte intime : le JE qui écrit s'adresse à un TU non iden­ti­fié… C'est un chant d'amour qui tou­jours recom­mence, écrit dans une langue tor­tu­rée qui hésite ou tré­buche (enjam­be­ments, mots sépa­rés arbi­trai­re­ment en fin de vers, chaos lin­guis­tique…), le lec­teur se dit que Roger Dextre entend faire rendre gorge à la langue com­mune…

          Livres per­dus, divi­sé en treize sec­tions, offre un aspect hété­ro­gène car s'y mêlent ou s'y suc­cèdent des formes et des thèmes dif­fé­rents. Qu'est-ce qui unit ces approches diverses ? Sans doute l'origine de la réflexion poé­tique de Dextre, c'est-à-dire l'expérience. Il y a un aspect phé­no­mé­no­lo­gique dans l'écriture de Roger Dextre dans la mesure où la phé­no­mé­no­lo­gie se défi­nit comme l'étude d'un phé­no­mène cen­trée sur l'analyse de l'expérience vécue par un sujet. L'expérience vécue ici est celle de Dextre même si par­fois (comme dans La Désolation), le lec­teur peut s'interroger sur l'identité de ce JE qui parle dans les poèmes : l'auteur ? une femme ? Roger Dextre n'écrit-il pas : "Ne finis­sant pas mes phrases, lasse, j'aime entrer dans la pénombre du bain où je me trouve belle dans un désir inté­rieur que per­sonne n'étreint…" On ne sait car ce qui s'écrit alors, c'est une tra­hi­son, un aban­don dont ne se remet pas le nar­ra­teur. Tout cela ne va pas sans une cer­taine obs­cu­ri­té que le lec­teur n'arrive pas à per­cer. La dis­po­si­tion en frag­ments sépa­rés les uns des autres par quelques asté­risques, l'inclusion de cita­tions (signa­lées par des guille­mets) n'aident pas le lec­teur à s'y retrou­ver ; mais quelque chose de pre­nant émane de ces pages. On se sou­vient alors que Roger Dextre a lu le phi­lo­sophe Henri Maldiney qui fut l'un des repré­sen­tants de la phé­no­mé­no­lo­gie en France et que ce der­nier éla­bo­ra quelques concepts comme la tras­pas­sa­bi­li­té ou la trans­pos­si­bi­li­té qui inté­res­sèrent les psy­cho­thé­ra­peutes. Roger Dextre tra­vailla un moment avec des adultes han­di­ca­pés, il anime encore aujourd'hui des ate­liers d'écriture avec des infirmes moteurs et céré­braux. On a là comme une constel­la­tion de faits qui peuvent expli­quer la poé­sie de Dextre. N'étant pas phi­lo­sophe, étant incom­pé­tent en phé­no­mé­no­lo­gie, je me gar­de­rai bien de me livrer à une étude sur la place de ce savoir (ou de cette méthode d'appréhension du réel) dans la poé­sie de Roger Dextre, une étude qui reste indis­pen­sable me semble-t-il… Le lec­teur ver­sé dans cette dis­ci­pline sau­ra lire sans doute pré­ci­sé­ment les livres de Roger Dextre tan­dis que le lec­teur igno­rant comme je le suis, même s'il reste à la sur­face des choses, sera sen­sible à la démarche du poète tant ses aper­çus semblent uni­ver­sels. Mais ces mêmes lec­teurs remar­que­ront aus­si que Marx n'est pas absent du poème de Dextre, ain­si cette cita­tion : "Toute une série de géné­ra­tions dont cha­cune se hisse sur les épaules de la pré­cé­dente… En face d'une nature-his­toire et d'une his­toire natu­relle".

          Mais l'écriture de Roger Dextre ne se réduit pas à cette approche phi­lo­so­phique. Il faut encore rele­ver la place de la pein­ture et des peintres dans le poème : "On dirait que Cézanne, par exemple, a peint contre ces mots, contre le « grap­pin » que la langue peut mettre, pour le tuer, sur ce vivre tran­quille". Cézanne n'est pas le seul peintre à être convo­qué, on peut encore citer l'anonyme (col­lec­tif ?) de la grotte de Pech-Merle, les peintres de l'École de Fontainebleau, Carpaccio (dans la suite inédite Courtisanes, saints et ani­maux), les mosaïques de Ravenne, Brueghel… Les autres expres­sions artis­tiques ne sont pas igno­rées : la musique (avec Monteverdi, Berlioz, Schubert…), la poé­sie ( "Alcools. Cou cou­pé." peut se lire comme une réfé­rence à Apollinaire, André Breton est nom­mé…). On le voit, la poé­sie de Roger Dextre est éru­dite, com­plexe : elle résiste à la lec­ture.

          Les inédits explorent des expé­riences de vie sans que l'on sache si elles relèvent de la réa­li­té ou de la fic­tion car "le geste est à la fois la réa­li­té et son désa­veu". Mais toutes parlent au lec­teur, prin­ci­pa­le­ment Devant quel fleuve par son aspect uni­ver­sel que tous par­tagent…

 

 

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          De l'aveu même de l'auteur, le titre de ce recueil est poly­sé­mique : le mot enten­de­ment dési­gnant aus­si bien cette acti­vi­té de l'intellect qu'est la com­pré­hen­sion ou le juge­ment que cette acti­vi­té de l'ouïe qu'est la per­cep­tion audi­tive, cette seconde accep­tion ayant ten­dance à se perdre ou à se loca­li­ser régio­na­le­ment. L'intérêt du livre réside bien sûr dans cette deuxième signi­fi­ca­tion : il y aurait ain­si des mots qui ne veulent rien dire. Ce qui ren­voie bien évi­dem­ment à ces sons qu'on entend mais aux­quels on ne peut attri­buer clai­re­ment un sens. Roger Dextre, dans les poèmes de ce recueil publié fin 2012, inter­roge le réel et les sen­sa­tions qu'il pro­voque mais aus­si le lan­gage ou, du moins, cette par­tie (faite de mots, d'expressions et de sen­tences) qu'un usage illi­mi­té à ren­du trans­pa­rente. Roger Dextre va s'employer à retrou­ver un sens solide à ces frag­ments du lan­gage, un sens qui auto­rise à nou­veau leur uti­li­sa­tion. Aussi n'est-il pas éton­nant que dans un texte comme À tra­vers se mêlent proses réflexives voire phi­lo­so­phiques (Husserl…) qui inter­rogent le lan­gage et le vers qui ren­voient à des sen­sa­tions ou à des expé­riences. Comment sort de cette poé­sie celui qui la lit ? Les 14 poèmes de Stations sont comme le Chemin de croix du poète qui veut retrou­ver le sens du réel, dès lors qu'il entend prendre voix : "Frênes, chênes, noi­se­tiers dès que /​ se déclare la pluie, les sols échauf­fés /​ dégagent leurs fumées de sor­cières" ou encore "Corps et paroles s'arrêtent dans la vio­lence /​ d'une adhé­sion au monde noir". Le monde est-il noir ? L'explication est-elle simple, comme le dit Dextre ? Le lec­teur sort sans réponse de sa lec­ture. Sans voix.

          Au prin­temps 2014, paraît L'Obscur sou­dain dans la col­lec­tion Poésie de La Passe du vent. Les poèmes de Roger Dextre sont sui­vis d'une conver­sa­tion avec Thierry Renard. L'auteur dit de L'Obscur sou­dain qu'il n'est pas vrai­ment un recueil : "Il réunit des poèmes en appa­rence hété­ro­gènes et des moments d'écriture éloi­gnés les uns des autres…", c'est-à-dire de 1991 à 2013. À une ques­tion que lui pose Thierry Renard sur la dis­tinc­tion qu'il fait entre poé­sie et phi­lo­so­phie, Roger Dextre répond en se réfé­rant à Henri Maldiney : "Son approche […] de la poé­sie m'a sau­vé […] d'une sorte de déses­poir et de la vacui­té éprou­vée face à des recherches for­melles ou sim­ple­ment trop lit­té­raires qui n'atteignaient pas l'expérience du sen­tir ou qui la rédui­saient à une variable sub­jec­tive".  Les poèmes de L'Obscur sou­dain sont illus­trés par­fai­te­ment par ces deux remarques. Comme ils le sont éga­le­ment par d'autres pas­sages de cette conver­sa­tion. Ainsi si cer­tains poèmes de ce livre  tra­duisent la fas­ci­na­tion de la mort éprou­vée par Roger Dextre, ils font pen­ser par ailleurs à ces mots : "Par la mort, il nous arrive ain­si de ren­con­trer l'obscur sou­dain, une déchi­rure, une incom­pré­hen­sion dont nous ne sou­hai­tons pas la fin et avec les­quelles, au tra­vers des­quelles, nous pou­vons infi­ni­ment nous entre­te­nir". Je pense en par­ti­cu­lier à  Les marches du théâtre, à Granit et sur­tout à ce magni­fique texte inti­tu­lé Les usines de la Soie : à pleu­rer, de rage !

 

 

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          La poé­sie est cette parole qui ne se réduit pas à un simple échange. Roger Dextre rap­pelle aus­si, par son œuvre exi­geante, que la poé­sie est une acti­vi­té sérieuse, qu'il faut, en quelque sorte, y lais­ser sa peau. Car regar­der le monde et l'écouter n'autorisent aucune erreur si l'on veut ensuite prendre la parole.  Quand on sait ce que par­ler veut dire…

 

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