> Barry Wallenstein

Barry Wallenstein

By | 2018-01-18T08:56:42+00:00 2 juillet 2017|Categories: Blog|

Barry Wallenstein is the author of eight col­lec­tions of poe­try, the most recent being At the Surprise Hotel and Other Poems [Ridgeway Press, 2016] and Drastic Dislocations : New and Selected Poems [New York Quarterly Books, 2012].  His poe­try has appea­red in over 100 jour­nals, inclu­ding Ploughshares, The Nation, Centennial Review, and American Poetry Review. 

Among his awards are the Poetry Society of America’s Lyric Poetry Prize, (l985), and Pushcart Poetry Prize Nominations, 2010, 2011. He has had resident fel­low­ships at The Macdowell Colony, Hawthornden Castle in Scotland, Fundación Valparaiso in Spain and Casa Zia Lina on Elba, Italy.

A spe­cial inter­est is the pre­sen­ta­tion of poe­try rea­dings in col­la­bo­ra­tion with jazz.  He has made seven recor­dings of his poe­try with jazz, the most recent being Lucky These Days, to be relea­sed by Cadence Jazz Records in April 2012A pre­vious CD, Euphoria Ripens, was lis­ted among the “Best New Releases” in the jour­nal, All About Jazz (December 2008).

Barry is an Emeritus Professor of Literature and Creative Writing at the City University of New York and an edi­tor of the jour­nal, American Book Review.  In his capa­ci­ty as Professor of English at City College he foun­ded and direc­ted the Poetry Outreach Center, and for 35 years coor­di­na­ted the all-inclu­sive city­wide Annual Spring Poetry Festival. He remains an active advi­sor and par­ti­ci­pant in the pro­gram.

BARRY WALLENSTEIN

By | 2018-01-18T08:56:42+00:00 29 septembre 2015|Categories: Rencontres|

 

Je connais Barry Wallenstein et j'ai le plai­sir de tra­duire ses poèmes depuis 2005 : j'enseignais alors à Menton, et je sou­hai­tais que mes élèves ren­contrent le poète, alors en rési­dence à Saorge. Durant ses séjours, Barry Wallenstein inter­vient volon­tiers dans les classes, où il anime des ate­liers d'écriture, d'autant plus moti­vants que les poèmes des élèves sont ensuite publiés dans le recueil annuel du Poetry Festival de l'Université de New York, grande mani­fes­ta­tion poé­tique dont il est le fon­da­teur. La pre­mière ren­contre n'ayant pu se faire, Barry Wallenstein m'a envoyé un CD conte­nant cer­tains des poèmes de Tony, dont j'ai tout de suite pen­sé qu'ils allaient tou­cher mes jeunes élèves, par ses ques­tion­ne­ments et son côté fron­deur et mar­gi­nal, proche de leur ado­les­cence. Toutefois, il n'y avait pas de tra­duc­tion dis­po­nible pour leur pré­sen­ter ces textes et  c'est ain­si que j'ai com­men­cé par tra­duire la séquence de Tony, dont les pro­blé­ma­tiques les ont effec­ti­ve­ment inter­pel­lés, au point qu'un spec­tacle  – Tony's Blues – fut mon­té, dans le cadre du Printemps des Poètes, avec la classe de jazz de Manu Carré, au Conservatoire de Menton. Barry Wallenstein est régu­liè­re­ment reve­nu dans mes classes, sus­ci­tant d'autres spec­tacles-lec­tures accom­pa­gnés par Serge Pesce, musi­cien de jazz  qui tra­vaille  habi­tuel­le­ment avec lui – – et je l'en remer­cie, ain­si que des liens d'amitié qui se sont tis­sés autour de ces pro­jets.

            L'entretien qui suit a été com­men­cé à l'Osteria Lou Pountin, à Saorge, en avril 2015 – autour de spé­cia­li­tés ita­liennes et locales – et s'est pour­sui­vi par le biais des modernes sys­tèmes de com­mu­ni­ca­tion que sont Skype et les cour­riels…

 

Marilyne Bertoncini

 

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Vous reve­nez régu­liè­re­ment au monastère/​résidence de Saorge. Qu'est-ce qui ins­pire votre écri­ture dans ce lieu ?

 

BW – Cela fait 14 ans que je viens à Saorge, une des­ti­na­tion bien loin­taine pour un New-yor­kais. J'ai pas­sé du temps dans cinq autres rési­dences, et aimé cha­cune d'elles, mais le pro­gramme de Saorge, fon­dé par Jean-Jacques Boin au début des années 90, a tou­jours été l'idéal pour mon écri­ture. La plu­part des rési­dences pour écri­vains offrent du silence et de l'espace pour tra­vailler, four­nissent aus­si des repas et sont sans aucun frais pour les écri­vains. A Saorge, l'hébergement est payant, et il faut pour­voir aux repas et aux courses. Je me sens plus indé­pen­dant à Saorge, et le pay­sage m'inspire : l'espace de tra­vail est une cel­lule indi­vi­duelle (c'était encore une cel­lule mona­cale il y a quelques décen­nies) pour­vue d'un simple bureau, d'une lampe, et d'un lit pour dor­mir. Je com­mence géné­ra­le­ment à pen­ser en poé­sie (une façon vrai­ment dif­fé­rente de pen­ser) dès que j'ouvre mes bagages. Je trouve aus­si moti­vante la pré­sence d'autres écri­vains – savoir que, tan­dis que je tra­vaille dans ma cel­lule, quelqu'un, à quelques mètres de moi, tra­vaille aus­si à ses com­po­si­tions.

 

 

Vous avez par­fois dit que lorsque vous arri­vez dans un endroit (comme la rési­dence de Saorge) où vous avez temps et espace pour écrire, vous com­men­cez à "pen­ser en poé­sie" – qu'est-ce que vous vou­lez dire ?

BW – Je vou­lais dire que lorsque les condi­tions phy­siques et émo­tion­nelles sont cor­rectes – pas de bruit, peu ou pas de dis­trac­tions ou d'obligations hor­mis le tra­vail en cours – je peux me concen­trer sur les com­po­si­tions sur les­quelles je tra­vaille de telle sorte que les pen­sées me viennent avec leur métrique, dans la phra­séo­lo­gie appro­priée au poème. Dans un tel état d'esprit, je suis capable de trou­ver une sélec­tion de mots, un voca­bu­laire qui s'insérera dans les rythmes poé­tiques que j'ai en tête. Par "pen­ser en poé­sie", je veux aus­si dire que je vais être si impli­qué dans une com­po­si­tion que je la tien­drai à l'esprit comme la pen­sée ultime de la jour­née et la pre­mière chose qui me vien­dra à l'esprit en m'éveillant.

 

 

Vous dites que le pay­sage de Saorge vous ins­pire – pour­tant, vous n'écrivez pas vrai­ment de poé­sie élé­giaque avec un pay­sage à l'arrière-plan. De quelle façon ins­pire-t-il votre écri­ture ?

BW – Oui, bien sûr, la beau­té du pay­sage alen­tour et, plus que la mon­tagne, le vil­lage de Saorge, sont une source d'inspiration, mais il est sou­vent dif­fi­cile ou impos­sible de dire pré­ci­sé­ment com­ment la beau­té natu­relle – ou la gran­deur de la nature – vous ins­pire. Parfois, rien que de vivre dans un tel décor vous détend men­ta­le­ment et vous rend plus récep­tif aux influences du lan­gage des rela­tions entre les choses et les gens. Dans les pre­mières années au monas­tère qui sur­plombe Saorge, j'ai écrit des poèmes sur le brouillard, les ombres et la beau­té des mon­tagnes alen­tour ; mais c'est à peu près tout ce que je peux faire avec ce maté­riau. J'ai vécu une vie entière dans les villes – d'abord NYC, mais j'ai aus­si vécu quelques temps à Londres et Paris. Mes poèmes parlent sur­tout des gens, des his­toires, des conflits – per­son­nels et publics ; mais quand un poème sur le pay­sage se laisse écrire, je suis vrai­ment content.

 

 

Quant au per­son­nage de Tony, per­son­nage urbain, habi­tant des cités, avez-vous écrit des poèmes de Tony à Saorge ?

BW – Oui, de nom­breux poèmes de Tony sont nés à Saorge.

 

 

Pouvons-nous par­ler de Tony's Blues – et de ce per­son­nage de Tony, qui s'exprime ou dont on parle dans les poème du recueil que j'ai tra­duit ?

BW – Tony a main­te­nant une longue his­toire. Au départ, je n'avais aucune inten­tion d'écrire une série de poèmes à son pro­pos, mais le pre­mier a tout natu­rel­le­ment mené au second, et à par­tir du troi­sième, j'étais en route. Tony est un per­son­nage urbain, dont l'existence est plus ou moins liée à la pègre. C'est un per­son­nage de la rue, par un SDF, pas vrai­ment un délin­quant, mais mar­gi­nal, qui sur­vit en marge de la res­pec­ta­bi­li­té. C'est aus­si un fan de jazz, et son lan­gage en est mar­qué. Dans le pre­mier poème, celui qui a lan­cé la séquence, il se parle à lui-même avec ton un peu de reproche. Ce poème s'est d'abord inti­tu­lé "Tony se parle à lui-même", puis j'ai chan­gé le titre en "Tony se répri­mande". Il finit sur l'ordre de "se  réveiller!" Il veut s'éveiller à un état de conscience géné­reuse où il est moins avide, moins maté­ria­liste ; tous les poèmes qui suivent (écrits sur une dizaine d'années) vont dans cette direc­tion de conscience éten­due. Son évo­lu­tion s'est accom­plie avec "The Day of with­hol­ding" où Tony est heu­reux de ne plus avoir besoin d'accumuler des "choses" – il peut faire sans pos­ses­sions maté­rielles, et vivre heu­reux.

            La plu­part des poèmes de Tony sont écrits pour être dits à voix haute avec un accom­pa­gne­ment de jazz. Ce n'est pas exac­te­ment mon alter ego, mais pas loin. Il est d'abord appa­ru sur mon pre­mier enre­gis­tre­ment de jazz et poé­sie  In Case You Missed It, (SkyBlue Records, CD # 106, 1995). On peut entendre un grand nombre des poèmes de Tony sur Tony’s Blues (Cadence Jazz Records CJR 1124, 2001). Quelques-uns sont parus dans des revues, et ont eu leur pre­mière publi­ca­tion en livre  dans A Measure of Conduct, Ridgeway Press, 1999. Tous les poèmes de Tony (sauf ceux qui me vinrent, de façon inat­ten­due, il y a quelques semaines) sont dans  Tony’s World, Birchbrook Press January 2010 ; et un ensemble assez consé­quent a été repu­blié dans Drastic Dislocations : New and Selected Poems ; New York Quarterly Books, Feb. 2012. J'ai été très heu­reux que Matthieu Baumier et Gwen Garnier-Duguy en publient une ver­sion bilingue sous le titre de Tony's Blues. Ainsi, Tony est repa­ru de nom­breuses fois, et tan­dis que je pen­sais en avoir fini avec ce per­son­nage, il jaillit par­fois dans mon esprit et renaît.

 

 

Vous pré­sen­tez sou­vent vos textes avec un accom­pa­gne­ment de jazz – c'est de cette façon que j'ai ren­con­tré votre poé­sie, et je connais 7 enre­gis­tre­ments des lec­tures que vous parlez/​chantez – de vos poèmes avec un ensemble de jazz. Quelle est la nature de la rela­tion entre votre poé­sie et cette musique ?

BW – Il n'est pas facile de répondre, car mes liens avec le jazz ren­voient très loin dans ma vie. Quand j'avais 19 ans – en 1959 – j'ai fait ma pre­mière lec­ture publique. J'étais l'un des trois étu­diants-poètes qui lisaient dans un club de Greenwich Village, alors appe­lé 'The Showplace". Nous ne le savions pas, mais le grand contre­bas­siste Charles Mingus devait nous accom­pa­gner. A l'époque, j'étais un fan du jazz de Mingus et j'adorais cette musique. Dix ans plus tard, je me suis enre­gis­tré lisant mes poèmes avec un accom­pa­gne­ment au pia­no. C'était agréable – une expé­rience qui m'a ins­pi­ré. J'aimais le son et le temps pas­sé à faire l'enregistrement. Peu de temps après, un label de jazz a créé mon pre­mier enre­gis­tre­ment en stu­dio – un disque vinyl – et depuis, je tra­vaille comme artiste de jazz.

            Mais pour moi, c'est le poème sur la page qui compte le plus, et si je suis un "poète de jazz",  on doit entendre la musique sur la page impri­mée. Mon oeuvre use sou­vent des expres­sions fami­lières ou idio­ma­tiques, et cer­taines uti­lisent un phra­sé inflé­chi par le jazz. Le fait que je tra­vaille avec des musi­ciens de jazz – d'un très haut niveau artis­tique – me per­met de pré­sen­ter ma poé­sie inter­na­tio­na­le­ment, et bien plus sou­vent que si je me conten­tais de faire des lec­tures poé­tiques. Le simple fait d'avoir ces lectures/​performance à pré­pa­rer me pousse à pro­duire de nou­velles oeuvres, et par­fois, les poèmes naissent pour des occa­sions musi­cales par­ti­cu­lières.

 

 

Parlez-nous de vos débuts en poé­sie et de la façon dont l'écriture s'organise pour vous :

BW – Enfant, j'aimais lire des poèmes, par­ti­cu­liè­re­ment ceux, rimés, des poètes amé­ri­cains du 19ème siècle ; j'ai com­men­cé à écrire aux alen­tours de 12 ans. Ecrire des poèmes était une façon d'exprimer mes sen­ti­ments d'isolement ou d'aliénation au sein de ma famille – je savais que mes parents – s'ils décou­vraient jamais les petits poèmes – ne les com­pren­draient pas. J'avais le sen­ti­ment d'écrire en code, car la poé­sie est un lan­gage codé – le lan­gage de l'indirection. Ainsi, il y avait mes petits secrets, et les écrire, tout sim­ple­ment, était une sorte de conso­la­tion ou de sou­la­ge­ment. J'ai eu pro­fes­seur au lycée qui m'a encou­ra­gé à écrire, et plus tard, à l'université, le poète cri­tique lit­té­raire M.L Rosenthal, m'a pris sous son aile et devint mon men­tor pour la vie. Il m'a gui­dé lors de mon doc­to­rat en lit­té­ra­ture contem­po­raine et m'a aidé à publier mon pre­mier livre.

Ces dix der­nières années, j'aimais par­ti­cu­liè­re­ment écrire entre seize et vingt heures – les heures du cré­pus­cule. Presque tou­jours je com­mence par ouvrir un dos­sier en cours d'esquisses, ou tout sim­ple­ment de bribes de  vers qui me semblent conte­nir un germe de poème, ou un son pour com­men­cer un pos­sible poème. Dès que j'ai trou­vé le rythme juste dans un ou plu­sieurs vers, alors le poème se déve­loppe plus ou moins tout seul, en sui­vant le rythme ini­tial posé dans les deux pre­miers vers. Ensuite, je fais de nom­breux brouillons avant de pou­voir le mon­trer à qui­conque, et alors – quand j'ai eu un retour – je conti­nue de le peau­fi­ner. En fait je com­pose tou­jours en réci­tant les vers à voix haute – c'est un pro­ces­sus vocal.

 

 

Je pense qu'il serait inté­res­sant de don­ner aus­si au lec­teur une idée de votre "généa­lo­gie" poé­tique – je veux dire, les poètes qui vous ins­pirent, ceux dont vous vous sen­tez proche.

BW – J'ai cer­tai­ne­ment été pous­sé à écrire des poèmes après avoir lu des poèmes qui me par­laient. C'est ain­si depuis le début (quand j'avais 12 ans envi­ron). Mais je trouve aus­si l'inspiration pour mes poèmes dans les conver­sa­tions enten­dues, les paroles des chan­sons, et cer­tains pas­sages dans les romans et les nou­velles. Je ne sais jamais quand un élé­ment lin­guis­tique s'offrira comme germe ou point de départ d'un poème. Très jeune, j'étais pous­sé à écrire des poèmes en sui­vant les maîtres de la rime :  E.A. Poe, Longfellow, Blake, Wordsworth, et plus tard Tennyson. Aux alen­tours de mes vingt ans, je suis tom­bé sous le charme de  T. S. Eliot, Ezra Pound, puis William Carlos Williams. Un peu plus tard, j'ai décou­vert les poètes sym­bo­listes fran­çais – Mallarmé, Baudelaire, Rimbaud. C'étaient les poètes les plus lus par les étu­diants en lit­té­ra­ture anglaise.

 

Lire Barry Wallenstein chez Recours au Poème édi­teurs :

Tony’s blues

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Interview with Barry Wallenstein, pre­sen­ted by Marilyne Bertoncini 

 

I've known Barry Wallenstein and had the plea­sure to trans­late his poems since 2005, I was then tea­ching in Menton, and I wan­ted my stu­dents to encoun­ter the poet, while he was in resi­dence at Saorge. During his stay, Barry Wallenstein willin­gly , invol­ved in classes, where he hosts wri­ting work­shops, which are espe­cial­ly moti­va­ting because poems of the stu­dents are publi­shed in the annual volume of Poetry by City University of NY  Festival, a great poe­tic mani­fes­ta­tion of which he is the foun­der. The first mee­ting could not be done, so Barry Wallenstein sent me a CD contai­ning some of Tony's poems,  and I imme­dia­te­ly thought they were going to touch my young stu­dents, by the ques­tions and  rebel­lious, mar­gi­nal aspect of this cha­rarc­ter, close to ado­les­cence. However, there was no trans­la­tion avai­lable to present these texts and thus I began by trans­la­ting the sequence of Tony, whose pro­blems have actual­ly arres­ted the kids, to the point that a show – Tony's Blues – was moun­ted as part of the Spring of Poets, with Manu Carré'sjazz class , at the Conservatory of Menton. Barry Wallenstein regu­lar­ly came back in my classes the fol­lo­wing years, and these visites promp­ted other sta­ged rea­dings accom­pa­nied by Serge Pesce, jazz musi­cian who usual­ly works with him – – and I thank him for that, as well as for the bonds of friend­ship for­ged by around of these pro­jects.

 

The fol­lo­wing inter­view was star­ted at a small  res­tau­rant, Osteria Lou Pountin in  Saorge in April 2015 – around Italian and local spe­cial­ties – and conti­nued through modern com­mu­ni­ca­tion sys­tems such as Skype and emails .. . 

 

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You come back regu­lar­ly to the monas­te­ry /​ resi­dence Saorge. What ins­pires your wri­ting in this place ? 

BW – It's been 14 years I have come to Saorge, a very dis­tant des­ti­na­tion for New Yorkers. I spent time in five homes, and loved all of them, but the Saorge pro­gram, foun­ded by Jean-Jacques Boin in the ear­ly 90s, has always been per­fect for my wri­ting. Most homes offer wri­ters of silence and space to work, also pro­vide meals and have no cost for wri­ters. A Saorge, accom­mo­da­tion is limi­ted, and we must pro­vide for meals and shop­ping. I feel more inde­pendent in Saorge, and the sce­ne­ry ins­pires me : the works­pace is an indi­vi­dual cell (a monas­tic cell was still there a few decades) with a simple desk, a lamp, and a bed to sleep. I usual­ly start thin­king in poe­try (a real­ly dif­ferent way of thin­king) as soon as I open my lug­gage. I also find the pre­sence of other wri­ters, while I work in my cell, someone, a few meters from me, also wor­king on his com­po­si­tions.

 

 

You said that some­times when you arrive in a place (such as the resi­dence of Saorge) where you have time and space to write, you begin to "think in poe­try" – what do you mean ? 

BW – I meant that when phy­si­cal and emo­tio­nal condi­tions are cor­rect – no noise, lit­tle or no dis­trac­tions or obli­ga­tions other than work in pro­gress – I can focus on the com­po­si­tions on which I work, so that thoughts come to me with their metrics in the appro­priate phra­seo­lo­gy to the poem. In such a state of mind, I am able to find a selec­tion of words, a voca­bu­la­ry that will fit into the poe­tic rhythms that I have in mind. By "thin­king poe­try", I also mean that I'll be so invol­ved in a com­po­si­tion that I will keep in mind as the ulti­mate thought of the day and the first thing that comes to mind on waking . 

 

 

You say that the land­scape of Saorge ins­pires you – yet you do not real­ly write ele­giac poe­try with a land­scape in the back­ground. How does it ins­pire your wri­ting ? 

BW – Yes, of course, the beau­ty of the sur­roun­ding land­scape and over the moun­tain, the vil­lage of Saorge, are an ins­pi­ra­tion, but it is often dif­fi­cult or impos­sible to say pre­ci­se­ly how the natu­ral beau­ty – or the size of nature – ins­pire you. Sometimes nothing but to live in such a set­ting men­tal­ly relaxes you and makes you more recep­tive to influences of lan­guage rela­tion­ships bet­ween things and people. In the ear­ly years the monas­te­ry over­loo­king Saorge, I wrote poems about the fog, sha­dows and the beau­ti­ful sur­roun­ding moun­tains ; but that's about all I can do with this mate­rial. I lived an entire life in cities – first NYC, but I also spent some time in London and Paris. My poems are most­ly people, sto­ries, conflicts – per­so­nal and public ; but when a poem on the land­scape lets write, I'm real­ly hap­py. 

 

 

As for the cha­rac­ter of Tony, an urban cha­rac­ter, did you write the Tony poems at Saorge ? 

BW – Yes, many Tony poems were born there.

 

 

Can we talk about Tony's Blues – and the cha­rac­ter of Tony, expres­sed or spo­ken of in the poems I trans­la­ted ?

BW – Tony now has a long his­to­ry. Initially, I had no inten­tion of wri­ting a series of poems about it but the for­mer has natu­ral­ly led to the second and from the third, I was on my way. Tony is an urban cha­rac­ter, whose exis­tence is more or less rela­ted to the under­world. He is a cha­rac­ter of the street, a home­less, not real­ly a cri­mi­nal, but "fleeing" (?), Which sur­vives on the fringes of res­pec­ta­bi­li­ty. It is also a fan of jazz, and his lan­guage is mar­ked. In the first poem, one that star­ted the sequence, he talks to him­self a lit­tle with your reproach. This poem was first tit­led "Tony talks to him­self," then I chan­ged the title to "Tony repri­mand." It ends on the order of "wake up!" He wants to wake up to a gene­rous state of conscious­ness where there is less gree­dy, less mate­ria­lis­tic ; all sub­sequent poems (writ­ten about ten years) in this direc­tion of expan­ded conscious­ness. Its evo­lu­tion was accom­pli­shed with "The Day of with­hol­ding" in which Tony is hap­py to no lon­ger need to accu­mu­late "stuff" – it can do without mate­rial pos­ses­sions, and live hap­pi­ly. Most Tony poems are writ­ten to be spo­ken aloud with a jazz accom­pa­niment. This is not exact­ly my alter ego, but close. He first appea­red on my first recor­ding of jazz and poe­try In Case You Missed It (SkyBlue Records, CD # 106, 1995). You can hear many of the poems Tony of Tony's Blues (Cadence Jazz Records RGC 1124, 2001). Some are publi­shed in jour­nals, and had their first publi­ca­tion in book A Measure of Conduct, Ridgeway Press, 1999. All the poems of Tony (except those who came to me unex­pec­ted­ly, there a few weeks) are in Tony's World, Birchbrook Press January 2010 ; and a quite big set was repu­bli­shed in Drastic Dislocations : New and Selected Poems ; New York Quarterly Books, Feb. 2012. I was very heu­reuxx Matthew Balsam and Gwen Garnier-Duguy publi­shed in a bilin­gual ver­sion under the title of Tony's Blues. So Tony reap­pea­red many times, and while I thought it had fini­shed with that cha­rac­ter, it some­times gushes in my mind and reborn.

 

 

You often present your texts with an accom­pa­niment of jazz – that's how I met your poe­try, and I know 7 records rea­dings in which you  speak /​ sing – your poems with a jazz ensemble. What is the nature of the rela­tion­ship bet­ween your poe­try and the music ? 

BW – It is not easy to ans­wer, because my rela­tion­ship with jazz return far in my life. When I was 19 years – in 1959 – I made my first public rea­ding. I was one of three student-poets who read in a club in Greenwich Village, then cal­led 'The Showplace. "We did not know it, but the great bas­sist Charles Mingus was to accom­pa­ny us. At the time, I' was a fan of jazz Mingus and I loved the music Ten years later, I regis­te­red my poe­try rea­ding with pia­no accom­pa­niment It was nice -… an expe­rience that ins­pi­red me I liked the sound . and the time spent doing the regis­tra­tion Shortly after, a jazz label crea­ted my first stu­dio recor­ding – a vinyl record – and since I work as a jazz artist.

But for me, it is the poem on the page that mat­ters most, and if I am a "jazz poet," one must hear the music on the prin­ted page. My work often use fami­liar or idioms, and some use a phra­sing inflec­ted jazz. The fact that I work with jazz musi­cians – a very high artis­tic level – allows me to present my poe­try inter­na­tio­nal­ly, and more often than if I was content to do poe­try rea­dings. The mere fact that these rea­dings /​ per­for­mance pushes me to pre­pare to pro­duce new works, and some­times the poems are born for spe­cial musi­cal occa­sions. 

 

 

Tell us about your debut in poe­try and how wri­ting is orga­ni­zed for you : 

BW – child, I loved rea­ding poems, espe­cial­ly, rhy­med, American poets of the 19th cen­tu­ry ; I star­ted wri­ting around 12 years. Writing poe­try was a way to express my fee­lings of iso­la­tion or alie­na­tion within my fami­ly – I knew my parents – they never dis­co­ve­red the lit­tle poems – would not unders­tand them. I felt to write in code, because poe­try is a coded lan­guage – the lan­guage of indi­rec­tion. So there was my lit­tle secrets, and write sim­ply, was a kind of conso­la­tion or relief. I had a high school tea­cher who encou­ra­ged me to write, and later at uni­ver­si­ty, lite­ra­ry cri­tic poet ML Rosenthal, took me under his wing and became my men­tor for life. He gui­ded me during my doc­to­rate in contem­po­ra­ry lite­ra­ture and hel­ped me to publish my first book. Over the past decade, I espe­cial­ly liked wri­ting bet­ween six­teen and twen­ty hours – the hours of dusk. I almost always begins by ope­ning a file of drafts under sketches, or just snip­pets that seem to me to contain a poem germ, or sound to start a poten­tial poem. Once I found the right rhythm in one or more verses, the poem then deve­lops more or less alone, fol­lo­wing the ini­tial rhythm laid in the first two lines. Then I make many drafts before you can show to anyone, and then – when I got back – I conti­nue to refine it. In fact I always consists in reci­ting the verses out loud – it's a vocal.z pro­cess.

 

 

I think it would be inter­es­ting to also give the rea­der an idea of ​​[how you came to poe­try] your "genea­lo­gy" poe­tic – Who were the poets who ins­pire you, the ones you feel close to ?

BW – I was cer­tain­ly moved to write poems after rea­ding poems that spoke to me. Thus from the begin­ning (when I was 12 years). But I also find ins­pi­ra­tion for my poe­try in conver­sa­tions ove­rheard, song lyrics, and some pas­sages in the novels and short sto­ries. I never know when a lin­guis­tic ele­ment to offer as a seed or star­ting point of a poem. Very young, I was moved to write poems fol­lo­wing the mas­ters of rhyme : EA Poe, Longfellow, Blake, Wordsworth, Tennyson and later. Around my twen­ties, I fell in love with TS Eliot, Ezra Pound and William Carlos Williams. Later, I dis­co­ve­red the French sym­bo­list poets – Mallarmé, Baudelaire, Rimbaud. These were the most read poets in the English stu­dents.

Lire Barry Wallenstein chez Recours au Poème édi­teurs :

Tony’s blues

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Marilyne Bertoncini

Marilyne Bertoncini, cores­pon­sable de la revue Recours au Poème, doc­teur en Littérature, spé­cia­liste de Jean Giono, col­la­bore avec des artistes, vit, écrit et tra­duit.
Ses textes et pho­tos paraissent dans diverses revues fran­çaises et inter­na­tio­nales, et sur son blog mino​tau​ra​.unblog​.fr.

Ses tra­duc­tions de poètes anglais et aus­tra­liens et son recueil, Labyrinthe des Nuits, sont parus chez Recours au Poème édi­teurs, comme sa tra­duc­tion des poèmes de Ming Di, Livre des 7 Vies, et Histoire de Famille, illus­trés par Wanda Mihuleac, aux édi­tions Transignum en mars 2015.

Une pre­mière ver­sion de La Dernière Oeuvre de Phidias est parue en 2016 chez Encres Vives.

Dernières publications

  • Æncre de Chine, livre ardoise avec Wanda Mihuleac, édi­tions Transignum, 2016
  • La Dernière œuvre de Phidias, sui­vi de L’Invention de l’absence, Jacques André édi­teur, 2017
  • Aeonde, La Porte, 2017,
  • Le Silence tinte comme l’angélus d’un vil­lage englou­ti, édi­tions Imprévues, 2017